Le programme des obsèques de Georges Anicet Ekane , défunt président du Mouvement Africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie ( Manidem) est connu. Le parcours mémoriel, arrêté par le comité d’organisation et présenté par son fils, Muna Ekane, au cours du point de presse donné lundi o4 mai 2026, se déroulera
en quatre étapes clés.
Selon ledit programme, tout débutera ce mercredi à la Salle des fêtes d’Akwa, dès 19h30, avec l’ouverture officielle du deuil, consacrée à la présentation des condoléances et au recueillement. Le lendemain, au même endroit, se tiendra, à 19h30, une Soirée d’Hommage Politique, au cours de laquelle seront célébrés les convictions, les combats et le dévouement de Anicet Ekane envers la cité et ses concitoyens. Vendredi, une soirée culturelle sera organisée à Bomono Gare, à partir de 19h30.
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La mise en bière de la dépouille de Anicet Ekane se fera samedi, 9 mai 2026 dès 7h00, à l’hôpital Laquintinie, suivie de la levée de corps. S’ensuivra une procession solennelle à travers les artères de la ville de Douala, avant le départ pour Bomono Gare, où il sera inhumé aux alentours de 11h.
A travers ce programme des obsèques qui s’ouvrent le mercredi, 06 mai 2026, le comité d’organisation de ces obsèques «lance un appel qui dépasse les clivages politiques, les appartenances ethniques ou les confessions religieuses. Nous lançons un appel à l’unité nationale. Mobilisons-nous. Pas seulement pour pleurer, mais pour témoigner. Que ces obsèques ne soient pas une fin, mais un commencement. Le moment où nous nous demandons : « Que ferons-nous de l’héritage d’Anicet Ekane ? ». Comment porterons-nous son flambeau de souveraineté et de justice ?», précise Muna Ekane.
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Le fils de Anicet Ekane, désigné le 13 avril 2026 par le juge des référés du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, comme responsable de l’organisation des obsèques de son père, au détriment de la veuve du défunt a, au cours, de ce point de presse retracé la vie, le parcours et les convictions de son défunt père, ses combats politiques, sa résilience physique et morale, ses multiples arrestations et détention dans des conditions inhumaines. «Il nous rappelait sans cesse que l’indépendance de 1960 était un chantier inachevé. Il nous obligeait à regarder nos contradictions en face. Son franc-parler, souvent incisif sur les plateaux de télévision, n’était jamais de l’arrogance, mais de l’exigence. Il aimait trop ce pays pour lui mentir», insiste Muna Ekane.
Sans appel
Le programme des obsèques a ainsi été communiqué sans la présence de la veuve et du Manidem. En effet, dans une mise au point faite le 27 avril 2026 et signé de la veuve Ekane née Sogue Jeanne Edwige, à la suite de la diffusion d’un faire-part relatif aux obsèques de son défunt époux, annonçant l’inhumation de Georges Anicet Ekane le samedi, 9 mai a Bomono-Gare, elle apportait les précisions suivantes.
«Il m’a été donné de constater que mon nom ainsi que celui de ma famille ont été mentionnées sur ledit faire-part, laissant indument supposer mon adhésion, mon implication ou ma solidarité quant à l’organisation et aux modalités arrêtées. (…) Les dernières volontés de mon défunt époux n’ont pas été respectées dans le cadre de cette organisation. En conséquence, je tiens à informer l’opinion publique et les proches que je ne suis ni associée, ni solidaire de l’organisation telle que présentée dans ce faire-part. (…) Je porterai mon deuil dans la dignité, fidèle au souvenir de l’homme qu’il fut pour moi», écrivait-elle.
De son côté, le Bureau politique du Manidem expliquait pourquoi le parti et la veuve n’ont pas pu faire appel à la décision du 13 avril dernier. «À ce jour (27 avril 2026), l’expédition du jugement rendu le 13 avril n’a pas encore été servi au Manidem, ce qui rend impossible toute possibilité d’appel. Le Manidem prend acte de cette nouvelle forfaiture du pouvoir qui est dans sa mission de relativiser l’impact populaire et la portée politique des obsèques de son président», écrivait le vice-président du Manidem, Valentin Ndogmo-Fils. Néanmoins, la famille et le comité d’organisation sont fin prêts pour organiser des obsèques à la hauteur de la grandeur de l’homme qu’était Georges Anicet Ekane.
Georges Anicet Ekane avait été arrêté le 24 octobre 2025, au lendemain de la présidentielle organisée le 12 octobre organisée au Cameroun. Soutien du candidat Issa Tchiroma, il était mort en détention le 1er décembre 2025, dans les locaux de secrétariat d’État à la Défense, a Yaoundé. Depuis lors, la famille reste divisée sur l’organisation de ses obsèques.
Blaise Deumo à Douala