Les autorités maliennes ont ordonné la suspension, pour une durée de deux mois, de l’émission radiophonique « Allô Klédu », l’un des programmes les plus suivis du pays. La décision a été prise par la Haute Autorité de la Communication (HAC), qui reproche à l’émission de diffuser des interventions jugées insuffisamment encadrées.
Diffusé quotidiennement sur Radio Klédu, ce rendez-vous donnait la parole aux auditeurs pour débattre librement de sujets d’actualité. Au fil des mois, il était devenu l’un des derniers espaces d’expression où des citoyens formulaient ouvertement des critiques à l’égard de la gestion des affaires publiques.
La HAC
dénonce un manque de contrôle des interventions
Selon la décision lue à l’antenne par l’animateur de l’émission, le régulateur estime que les responsables du programme ont laissé les auditeurs tenir des propos visant le gouvernement et les institutions sans procéder aux vérifications ou aux recadrages nécessaires.
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La Haute Autorité de la Communication considère notamment que les animateurs n’ont pas suffisamment modéré les échanges ni corrigé certaines affirmations diffusées au cours des émissions.
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La suspension a été officiellement notifiée à Radio Klédu, qui doit interrompre la diffusion du programme pendant deux mois à compter de ce jeudi.
Un contexte de pression croissante sur les médias
Cette décision intervient dans un climat marqué par un durcissement des relations entre les autorités de transition et les médias. Quelques jours auparavant, trois journalistes maliens connus pour leurs positions critiques à l’égard du pouvoir avaient été placés en détention.
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les autorités militaires ont adopté plusieurs mesures limitant les activités des médias, des partis politiques et de certaines organisations de la société civile.
Le Mali continue par ailleurs de faire face à une grave crise sécuritaire alimentée par les attaques de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi qu’à une situation économique difficile. Dans ce contexte, les organisations de défense de la liberté de la presse expriment régulièrement leurs inquiétudes quant au rétrécissement de l’espace d’expression dans le pays.
Notre Afrik avec AFP