Adopté par 120 voix, le texte donne une base légale à cette institution créée par ordonnance en avril 2026. Placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce, l’OMASP aura notamment pour mission d’encadrer les transactions, de mieux suivre les flux d’or et de lutter contre les circuits de commercialisation illicites.
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Les autorités maliennes ciblent en priorité l’or issu de l’orpaillage et des petites exploitations minières, un segment qui échappe encore largement aux mécanismes de contrôle de l’État. Le gouvernement estime que les écarts observés entre les volumes d’or officiellement déclarés au Mali et ceux enregistrés dans certains pays importateurs traduisent l’ampleur de la contrebande et des pertes de recettes publiques.
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Premier produit d’exportation du pays, l’or demeure un pilier de l’économie malienne. Selon les chiffres du gouvernement, la production nationale avait atteint plus de 72 tonnes en 2022, dont environ six tonnes provenant de l’exploitation artisanale. Cette filière représentait alors 9,2 % du produit intérieur brut et avait généré plus de 763 milliards de FCFA de recettes budgétaires.
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Avec l’OMASP, les autorités souhaitent renforcer la traçabilité de la production, sécuriser les revenus tirés de l’exploitation minière et accroître la transparence des échanges.
Une réforme au cœur de la stratégie minière
La création de cet office s’inscrit dans un vaste programme de réformes engagé depuis 2023 pour renforcer la maîtrise nationale des ressources minières. Le nouveau Code minier a notamment accru la participation potentielle de l’État dans les projets d’exploitation, tandis qu’un audit du secteur a permis de récupérer plusieurs centaines de milliards de francs CFA d’arriérés auprès de sociétés minières.
Cette restructuration intervient toutefois dans un contexte de recul de la production industrielle d’or. En 2025, celle-ci est tombée à 42,2 tonnes contre 54,8 tonnes un an plus tôt, en raison notamment des difficultés rencontrées par le complexe minier de Loulo-Gounkoto. En intégrant la production artisanale, le Mali a produit 48,2 tonnes d’or, un niveau inférieur aux objectifs fixés par les autorités.
Le gouvernement mise également sur la transformation locale du métal précieux. La construction d’une raffinerie d’or à Sénou, près de Bamako, doit permettre de limiter les exportations d’or brut, d’améliorer la traçabilité de la production et de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
La réussite de cette réforme dépendra désormais de la capacité de l’OMASP à encadrer efficacement les comptoirs d’achat, les collecteurs et les exploitants artisanaux, tout en conciliant les impératifs de formalisation du secteur avec les réalités économiques des milliers de communautés qui vivent de l’orpaillage.