Intégration électrique africaine : 30 milliards de dollars pour éviter l’effondrement des

L’intégration électrique africaine mobilise désormais les décideurs du continent face à un constat alarmant : la demande en électricité devrait presque doubler pour atteindre 2 291 TWh d’ici 2050, mais les réseaux de transport peinent à suivre. Pour combler ce fossé, l’AUDA-NEPAD évalue à environ 30 milliards de dollars (≈ 17 600 milliards de FCFA) les investissements nécessaires pour achever les corridors prioritaires et bâtir trois blocs commerciaux régionaux entièrement interconnectés d’ici 2030.

Analyse NotreAfrik — L’Afrique produit de plus en plus d’énergie renouvelable, mais ses réseaux de transport — souvent construits dans les années 1960-1980 — ne permettent pas d’acheminer cette électricité là où elle est nécessaire. Ce paradoxe structurel freine l’industrialisation du continent. La synchronisation progressive des pools régionaux (SAPP en australe, EAPP en est, WAPP en ouest) représente la réponse institutionnelle la plus avancée à ce défi.
intégration électrique africaine — Les contraintes du réseau électrique africain au cœur des débats alors que les marché
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Intégration électrique africaine : des réformes de marché encore inégales

Les défaillances du réseau sont déjà visibles. Au Nigeria, des pannes à l’échelle nationale ont frappé le réseau encore en février 2026, révélant la fragilité d’infrastructures de transport vieillissantes. En Afrique de l’Est, des ruptures de pylônes sur la ligne Loiyangalani-Suswa (428 km) ont temporairement paralysé la production de Lake Turkana Wind Power, la plus grande installation éolienne du continent. En Afrique du Nord, la consommation d’électricité devrait bondir d’environ 50 % d’ici 2035, tirée par l’urbanisation, les projets de dessalement et la hausse des températures.

Sans investissements équivalents dans le transport et l’interconnexion, une large part de la nouvelle capacité de production — notamment renouvelable — risque de rester « bloquée » et sous-utilisée. Face à cette réalité, plusieurs pays avancent leurs réformes : le Zimbabwe a ouvert son marché de l’électricité à la participation privée totale en 2025, ciblant 9 milliards de dollars (≈ 5 300 milliards de FCFA) de nouveaux investissements. L’Afrique du Sud entend construire 14 500 km de nouvelles lignes de transport et atteindre 133 000 MVA de capacité de transformation d’ici 2034. Le Kenya a quant à lui introduit une réglementation d’accès ouvert permettant aux producteurs indépendants d’alimenter directement plusieurs clients.

De nouveaux modèles financiers pour débloquer les investissements

Sur le plan régional, des avancées concrètes émergent. L’autoroute électrique Éthiopie-Kenya-Tanzanie est en phase d’essai jusqu’à 2 000 MW. En Afrique australe, le programme RETRADE SAPP de la Banque mondiale, approuvé en 2025, engage 12 millions de dollars pour renforcer l’intégration dans 12 États membres. En Afrique de l’Ouest, la synchronisation permanente du Pool électrique est prévue pour 2026. La synchronisation complète entre les pools d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe — attendue fin 2026 — pourrait créer l’un des plus grands corridors transfrontaliers d’échange d’électricité au monde. Ces enjeux seront au cœur de la conférence « Power Africa Today », organisée en marge de l’African Energy Week 2026, du 12 au 16 octobre au Cap. « Les marchés de l’électricité interconnectés constituent le fondement de l’avenir industriel de l’Afrique », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber.

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Avec APO Group.

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