Maurice est le premier pays africain du Global Capitalism Index (GCI), un nouvel indice publié le 6 octobre 2026 par l’Université de Virginie (États-Unis). Dans l’édition 2025, qui couvre 175 pays dont 161 reçoivent un score global, l’île occupe le 48e rang mondial avec 73,9 points sur 100, devant les Seychelles (50e, 73,4) et le Botswana (52e, 72,7). Aucun pays africain ne figure parmi les 47 premiers.
Un indice universitaire qui mesure les règles du jeu
Le GCI est produit par le Democracy and Capitalism Lab du Karsh Institute of Democracy, avec la Darden School of Business, l’école de commerce de l’université. Il s’agit de sa première édition. Le rapport annuel la décrit comme une compilation de 213 jeux de données, répartis en 33 domaines et huit sous-indices : droits de propriété, politiques favorables au marché, ouverture du marché du travail, concurrence, sophistication des marchés de capitaux, système bancaire, création d’entreprises, circulation des biens et des capitaux. Les pondérations sont tirées des données par une analyse en composantes principales (ACP), sur la période 2009-2025.
L’indice ne mesure donc ni la richesse ni la croissance, mais les conditions institutionnelles dans lesquelles le capital peut circuler sur des marchés ouverts. Les auteurs prennent en compte les obstacles dressés par l’État comme par les acteurs privés, par exemple les monopoles.
Un point de lecture s’impose sur le millésime. Selon la page méthodologique du GCI, chaque édition porte le nom de l’année qui suit celle des données : l’édition « 2025 », rendue publique en octobre 2026, décrit les conditions observées en 2024. Le millésime n’est donc pas une photographie de l’année 2026.
Le top 10 africain du Global Capitalism Index
Au niveau mondial, la Suisse arrive en tête (96,9 points), devant les États-Unis (95,0), Hong Kong (94,5), le Canada (93,8) et Singapour (93,3). Voici les dix premiers pays africains, avec leur rang mondial et leur score, d’après le tableau du rapport annuel :
- Maurice : 48e (73,9)
- Seychelles : 50e (73,4)
- Botswana : 52e (72,7)
- Namibie : 59e (69,7)
- Cabo Verde : 66e (67,1)
- Rwanda : 74e (64,2)
- Afrique du Sud : 78e (63,2)
- Bénin : 80e (62,8)
- Maroc : 85e (61,8)
- Égypte : 86e (60,9)
En Afrique francophone, la Côte d’Ivoire est 96e (58,7), le Sénégal 114e (54,6) et le Cameroun 141e (46,1). Le Nigeria, l’une des premières économies du continent, n’est que 147e (41,9). Six des sept derniers pays classés sont africains : l’Angola (155e, 27,3), la République démocratique du Congo (RDC, 156e, 26,3), la Sierra Leone (157e), la Mauritanie (158e), le Tchad (159e) et la Libye (160e, 21,8). Le dernier du classement mondial n’est pas un pays africain mais le Venezuela (161e, 8,9).
Ceux qui progressent, ceux qui reculent depuis 2009
Le rapport compare aussi les scores de 2025 à ceux de 2009. Trois pays africains ouvrent la liste des plus fortes progressions : le Zimbabwe (+18,5 points), l’Algérie (+16,7) et les Seychelles (+16,2). Le Rwanda (+13,7), la Côte d’Ivoire (+11,5) et le Gabon (+10,9) figurent aussi dans ce top 10. Ces gains partent toutefois de bas niveaux : le Zimbabwe reste 133e et l’Algérie 115e.
À l’inverse, la Sierra Leone enregistre le plus fort recul mondial (−23,9 points). La RDC (−21,2), le Burkina Faso (−16,4), la Libye (−13,9), le Nigeria (−13,8) et l’Afrique du Sud (−12,0) font partie des dix plus fortes baisses. Le rapport relie notamment les cas de la Sierra Leone et de la RDC à un schéma associant conflits et effondrement de la gouvernance.
Les auteurs classent par ailleurs les pays en « variétés » de capitalisme. Ils rangent le Botswana, la Namibie, le Kenya, le Ghana, le Sénégal, le Bénin et la Zambie dans le même modèle « institutionnel » que la Suisse, le Royaume-Uni et l’Australie, tandis que Maurice relève d’un capitalisme « commercial », tourné vers le commerce et l’investissement.
Des écarts à lire avec prudence
Les scores du trio de tête sont très proches. Dans le fichier de données publié par le laboratoire, leurs intervalles de confiance à 95 % se chevauchent : l’ordre Maurice, Seychelles, Botswana ne traduit pas un écart statistiquement établi. Le score des Seychelles repose en outre sur six des huit sous-indices, contre huit pour Maurice et le Botswana. Certaines données manquantes sont estimées par les auteurs, et plusieurs pays africains, dont le Soudan et la Somalie, n’ont pas de score global.
Le Karsh Institute précise enfin qu’un score élevé n’est pas un jugement d’ensemble sur la santé sociale ou politique d’un pays. Le GCI sera mis à jour chaque année, selon ses auteurs.
Sources
- Democracy and Capitalism Lab, Global Capitalism Index – 2025 Annual Report (classement pages 26 à 31)
- Democracy and Capitalism Lab, données du GCI (fichier gci_master.csv)
- Global Capitalism Index, méthodologie
- UVA Darden, présentation de l’indice, 6 octobre 2026
- Karsh Institute of Democracy, 6 octobre 2026
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