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Recettes minières Burkina : 2 500 milliards FCFA en 4 ans

Lingot et granulés d'or : les recettes minières du Burkina reposent sur l'or

Les mines ont rapporté environ 2 500 milliards de francs CFA à l’État burkinabè entre 2022 et 2025, soit près de 3,8 milliards d’euros. Ce montant de recettes minières au Burkina a été annoncé le jeudi 8 octobre 2026 par le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, selon l’Agence de presse africaine (APA). Il s’agit d’un cumul sur quatre ans, et non d’un chiffre annuel.

Le ministre présentait le bilan de son département lors des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC). Selon le compte rendu d’APA repris par plusieurs médias, il a parlé de « recettes directes issues du secteur minier ». Aucun document détaillant ce total par année, par impôt ou par substance n’a été rendu public à ce stade.

Recettes minières Burkina : ce que mesure le chiffre

Trois précautions s’imposent. Le montant additionne quatre exercices budgétaires. Il couvre le secteur minier dans son ensemble, et pas seulement l’or, même si celui-ci en fournit l’essentiel. Enfin, il désigne des sommes encaissées par l’État : impôts, taxes, redevances et, le cas échéant, dividendes de ses participations.

Ce n’est donc pas la valeur de l’or exporté. Les exportations mesurent ce que le pays vend à l’étranger : leur valeur rémunère toute la chaîne, des coûts d’extraction aux bénéfices des sociétés, et elle est sans commune mesure avec la part prélevée par le Trésor. Parler de « rente aurifère » de 3,8 milliards d’euros, comme l’ont fait certains titres, confond ces deux grandeurs. La conversion en euros, en revanche, est exacte au taux fixe de 655,957 francs CFA pour un euro.

Des chiffres annuels qui permettent un recoupement partiel

Le total annoncé peut être en partie rapproché d’autres données publiques. Selon le rapport 2024 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives au Burkina Faso (ITIE-BF), présenté en mars 2026, le secteur extractif a contribué au budget de l’État à hauteur d’environ 612 milliards FCFA en 2024. L’ITIE-BF attribue la hausse par rapport à 2023 à la flambée du cours de l’or. Ses chiffres reposent sur un rapprochement entre les paiements déclarés par les entreprises et les recettes déclarées par l’administration.

Pour 2025, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a annoncé fin janvier 2026, dans son discours sur la situation de la Nation, plus de 776 milliards FCFA de recettes budgétaires tirées de l’or, un niveau présenté comme record. Les deux dernières années représenteraient donc à elles seules près de 1 400 milliards FCFA, soit plus de la moitié du cumul annoncé. Les rapports ITIE de 2022 et 2023 permettront de vérifier le reste. Les périmètres de ces sources ne sont pas identiques — secteur extractif pour l’ITIE, secteur aurifère pour le Premier ministre — et ces montants ne doivent pas être additionnés sans précaution.

Production record et reprise en main par l’État

La hausse des recettes tient à la fois au prix et aux volumes. Selon le bilan du ministre, la production d’or a atteint 94 tonnes en 2025, avec une contribution importante de l’exploitation artisanale. La Société nationale des substances précieuses (SONASP), chargée de collecter l’or artisanal, serait passée de 457 kilogrammes en 2022 à environ 40 tonnes en 2025, toujours selon le ministre.

Les autorités inscrivent ces résultats dans une politique de maîtrise nationale des ressources. Le nouveau Code minier, adopté à l’unanimité par l’Assemblée législative de transition (ALT) le 18 juillet 2024, porte la participation gratuite de l’État dans les sociétés d’exploitation de 10 % à 15 %. La Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB) a été créée pour porter les intérêts publics dans le secteur. Le gouvernement dit vouloir aussi renforcer la transformation locale de l’or et constituer une réserve nationale.

Reste la question de l’usage de ces recettes. Les autorités ne publient pas de ventilation des recettes minières par poste de dépense. Les 2 500 milliards ne peuvent donc être rattachés, sur la base des documents disponibles, à aucune dépense particulière.

Sources

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