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Capacités productives : Maurice 1re d’Afrique (CNUCED)

Siège de la MCB à Ébène, pôle d'affaires de Maurice, 1re d'Afrique en capacités productives selon la CNUCED

Maurice est le pays africain le mieux classé de l’Indice des capacités productives de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Selon le classement publié par l’Agence Ecofin le 8 octobre 2026, l’île obtient un score de 55 et se place au 56e rang mondial. Les Seychelles (68e), l’Afrique du Sud (70e) et le Cap-Vert (72e) suivent. La Tunisie (99e) et le Maroc (101e) complètent les six premiers africains.

Botswana, Namibie, Algérie et Égypte ferment le top 10 africain. L’indice, dans sa troisième génération, couvre 195 économies de 2000 à 2024 : il décrit donc la situation jusqu’en 2024, pas celle d’aujourd’hui.

Ce que mesurent les capacités productives

L’indice ne mesure ni la richesse ni la croissance, mais la capacité d’un pays à produire davantage. Il agrège 43 indicateurs en huit catégories : capital humain, capital naturel, énergie, transport, technologies de l’information et de la communication (TIC), institutions, secteur privé et changement structurel. Un score n’est pas un pourcentage, mais une position relative dans l’ensemble mondial.

La CNUCED signale elle-même une limite : 22,9 % des observations du jeu de données sont manquantes. Un écart de quelques rangs ne suffit donc pas à juger une réforme.

Maurice en tête, sans ressources naturelles

Le cas mauricien illustre l’idée centrale de l’indice : on peut bâtir des capacités productives sans abondance de matières premières. Selon le tableau publié par Le360 Afrique, Maurice obtient 72,8 pour les institutions et 72,7 pour les TIC, contre seulement 22,7 pour le capital naturel. Services, institutions et connectivité font la différence.

Les autres pays de tête montrent souvent la même faiblesse : les transports. L’Afrique du Sud obtient 65,3 en changement structurel mais 42,3 en transport ; le pays ne manque pas d’industrie, mais la logistique et les compétences freinent la diffusion de la croissance. La Tunisie et le Maroc ont des TIC solides (58,7 et 57,4) mais des transports en retrait (32,2 et 32,8). En Algérie, l’énergie obtient 63, le transport 22.

Un diagnostic, pas une ordonnance

Ces écarts dessinent des priorités différentes d’un pays à l’autre : renforcer une administration, former des techniciens ou réhabiliter des routes et des ports ne répondent pas au même frein. La faiblesse des transports chez les mieux classés plaide pour l’investissement logistique, dont dépend aussi le succès de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) : un marché unique ne vaut que si les marchandises franchissent réellement les frontières, comme le montrait notre Grand Format le jour où l’Afrique a regardé ses frontières.

Pour un investisseur, y compris de la diaspora, le score oriente sans remplacer l’examen local : raccordement électrique, délais de transport, compétences disponibles autour d’un site. Avoir des capacités ne suffit pas non plus : former des diplômés ne crée pas d’emplois si le secteur privé ne peut pas les absorber.

Sources

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