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Torchage au Gabon : une taxe annoncée le 8 octobre 2026

Plateformes pétrolières au large de Port-Gentil : le torchage au Gabon bientôt taxé

Le gouvernement gabonais prépare une taxe environnementale sur le torchage au Gabon, c’est-à-dire le gaz brûlé ou rejeté par l’industrie pétrolière. Le Conseil des ministres du 8 octobre 2026 a « pris bonne note » de cette « création prochaine ». Aucun taux, aucun calendrier ni aucun rendement attendu n’a été rendu public. Le pays brûlait environ 1,4 milliard de mètres cubes de gaz en 2022, selon la Banque mondiale.

Une taxe annoncée, pas encore instituée

La mesure figure dans le communiqué final du Conseil, au titre d’une communication du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations. La taxe « s’appliquera au gaz naturel torché ou rejeté à l’occasion des activités d’exploration, de développement, de production et de traitement des hydrocarbures sur le territoire national ».

Le texte lui assigne plusieurs objectifs : réduire l’impact environnemental et social du torchage et du rejet de gaz, prévenir le gaspillage des ressources naturelles, encourager la récupération et la valorisation du gaz. La mesure « renforcera également les ressources publiques et contribuera au développement de la fiscalité verte », ajoute le communiqué.

Il s’agit d’une annonce, pas d’une décision fiscale applicable. Le communiqué ne précise ni le support juridique (loi de finances 2027, ordonnance ou autre texte), ni le mode de calcul, ni les entreprises redevables. Les opérateurs pétroliers ne sont pas nommés.

Torchage au Gabon : des volumes élevés depuis dix ans

Le torchage consiste à brûler, à la torchère, le gaz associé à l’extraction du pétrole quand il n’est ni réinjecté ni commercialisé. Le rejet, lui, libère ce gaz directement dans l’atmosphère, sans combustion.

D’après la fiche consacrée au Gabon par la Banque mondiale, les volumes torchés sont passés de 1,3 milliard de m³ en 2012 à 1,6 milliard en 2015, avant de revenir à 1,4 milliard en 2022. La même fiche résume le cadre légal : le code des hydrocarbures de 2019 interdit en principe le torchage de routine, sous réserve de dérogations.

Pour la période récente, le Global Gas Flaring Tracker de la Banque mondiale, publié le 23 juin 2026, estime le torchage mondial à 167 milliards de m³ en 2025, son plus haut niveau depuis 2019. Le Gabon figure dans la liste des trente principaux pays torcheurs du rapport, mais son volume 2025 n’y est pas chiffré dans le texte. Les estimations reposent sur des observations par satellite.

Le gaz, clé de l’électricité

L’annonce intervient en pleine tension énergétique. Le même Conseil des ministres indique que neuf turbines bicombustibles, d’une capacité cumulée de 255 mégawatts (MW), ont été livrées pour les centrales de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) à Akournam et Port-Gentil, ainsi qu’à Lambaréné. Retardées de trois mois par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, les turbines d’Akournam et de Port-Gentil ont été posées du 1er au 9 septembre 2026 ; leur mise en service est attendue à la mi-novembre.

Le Conseil chiffre aussi la charge du mécanisme de stabilisation des prix à la pompe : 30 milliards de FCFA en septembre 2026, contre 7 à 9 milliards par mois avant la guerre en Ukraine. Le chef de l’État a demandé un programme de sécurité énergétique, avec la modernisation de la Société gabonaise de raffinage (SOGARA) et des études pour une nouvelle raffinerie.

C’est là que se jouera l’efficacité de la taxe. Selon la Banque mondiale, une pénalité reste peu dissuasive lorsqu’il coûte moins cher de payer que de capter, traiter et transporter le gaz. Pour réduire le torchage, le prélèvement devra donc s’accompagner d’infrastructures et d’acheteurs pour le gaz récupéré, ainsi que de mesures fiables des volumes brûlés. Les recettes encaissées, elles, ne diront pas à elles seules si le torchage recule.

La production de gaz naturel du pays a par ailleurs connu un premier trimestre 2026 difficile, avant un rebond au deuxième, selon la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF).

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : Production extractive au Gabon : +1,2 % au T2 (DGEPF) · CEMAC : 6 pays pétroliers qui ne mesurent pas leur énergie · FMI CEMAC : déficit à 1,5 % en 2027, le Gabon à 10 %

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