Le Réseau gazier du Sénégal (RGS) cherche 530 millions d’euros, soit environ 348 milliards de francs CFA (FCFA), pour construire trois nouveaux tronçons de gazoducs. Son directeur général, Pape Momar Lô, les a présentés à des investisseurs lors d’une session organisée au Cap, en Afrique du Sud, selon un article de PressAfrik publié le lundi 12 octobre 2026. Il s’agit d’un appel à financement : aucun bailleur engagé ni aucun accord signé n’a été rendu public pour ce réseau gazier.
La somme se lit donc comme un besoin : rechercher des capitaux, obtenir un engagement et disposer de fonds décaissables sont trois étapes distinctes.
Trois segments pour le réseau gazier du Sénégal
Selon PressAfrik, qui a rendu compte de la présentation, les trois projets se répartissent ainsi :
- Segment vert : 220 millions d’euros pour 110 km et une capacité de 300 millions de pieds cubes standard par jour. Il doit acheminer le gaz excédentaire du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie, vers le reste du réseau.
- Segment bleu : 180 millions d’euros pour 100 km et 713 millions de pieds cubes par jour. Il doit alimenter six centrales électriques et six sites industriels.
- Segment orange : 130 millions d’euros pour 45 km et 300 millions de pieds cubes par jour, destiné à sept autres installations.
Les trois projets prévoient en outre 25 millions d’euros pour indemniser les populations touchées par les travaux. Les sources ne précisent pas si cette enveloppe est comprise dans les 530 millions. Toujours selon PressAfrik, la construction commencerait en 2027 et la mise en service est visée pour 2029.
« Notre objectif principal est d’aligner nos actions sur les stratégies nationales et la vision 2050 du Sénégal », a déclaré Pape Momar Lô, cité par PressAfrik.
Des chiffres qui ne concordent pas avec les fiches officielles
Les fiches de présentation publiées sur le site du RGS ne donnent pas les mêmes montants. Elles estiment le segment vert à 250 millions d’euros, le segment bleu à 220 millions et le segment orange à 160 millions, soit 630 millions au total, contre 530 millions annoncés au Cap. La fiche du segment vert mentionne une longueur de 120 km, puis 110 km pour la liaison principale.
Le calendrier diffère aussi : les fiches visent un début de mise en œuvre en 2026 et une mise en service en 2028, soit un an plus tôt que les dates présentées au Cap. L’écart peut correspondre à une actualisation des devis ou du périmètre, mais aucune source consultée ne l’explique. Ces montants restent des estimations de projet, non des contrats.
Les fiches décrivent en revanche le tracé. Le segment vert relie le gazoduc Nord au segment bleu, en traversant les départements de Louga, Kébémer et Tivaouane. Le segment bleu part de l’usine de traitement de Yakaar-Teranga vers les centrales de Cap des Biches, Mboro et Tobène, avec un prolongement vers Sendou. Le segment orange relie la centrale de Sendou, à Rufisque, à celle de Malicounda, près de Mbour.
Le segment Nord, seul tronçon en chantier
Ces trois projets s’ajoutent au segment Nord, le seul en construction. Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines indique que le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf a présidé, le jeudi 10 septembre 2026 à Gandon, près de Saint-Louis, la cérémonie de pose de la première canalisation de ce tronçon d’environ 85 km. Selon PressAfrik, il était achevé à 25,8 % au moment de la présentation du Cap ; ce taux n’a pas été confirmé par une source officielle.
Un réseau pensé pour les centrales, pas pour les bouteilles
Le terme « gaz domestique », parfois employé à propos de ce projet, désigne ici le gaz naturel produit au Sénégal, et non le gaz butane des ménages. Le réseau doit alimenter des centrales électriques, des producteurs indépendants d’électricité et des industriels, dans le cadre de la stratégie dite « gas-to-power » : produire l’électricité avec le gaz national plutôt qu’avec des combustibles importés.
Aucune baisse de prix de l’électricité n’a été chiffrée à ce stade. Le bouclage financier, la structure des emprunts et l’identité des éventuels prêteurs restent à annoncer.
Sources
- PressAfrik (Fodé Bakary Camara), « Le Sénégal cherche 348 milliards de F CFA pour financer son réseau gazier », 12 octobre 2026.
- Réseau gazier du Sénégal, fiches segment vert, segment bleu et segment orange, consultées le 15 octobre 2026.
- Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, cérémonie de pose de la première canalisation du segment Nord, 16 septembre 2026.
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