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Ali Bongo conteste le gel de ses comptes BGFIBank en 2026

Portrait d'Ali Bongo Ondimba, ancien président du Gabon, assis devant une bibliothèque lors d'une conférence à Chatham House à Londres en 2012

L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba conteste le gel de ses comptes chez BGFIBank Gabon et a saisi, le lundi 12 octobre 2026, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), selon Jeune Afrique, dont l’enquête a été reprise par Info241 et GabonReview. La banque invoque une ordonnance d’un juge d’instruction de Libreville plaçant ses comptes et ceux de son épouse Sylvia Bongo Ondimba sous séquestre. Ali Bongo, contre qui aucune poursuite pénale publique n’a été annoncée à ce jour, relève Info241, dit ne jamais avoir reçu cette décision. Aucun montant n’a été rendu public par une source vérifiable.

L’article de Jeune Afrique étant réservé aux abonnés, la chronologie ci-dessous repose sur ses reprises par Info241 et GabonReview.

Ali Bongo et BGFIBank : la chronologie rapportée par la presse

Depuis le coup d’État du 30 août 2023, Ali Bongo Ondimba affirme ne plus avoir accès à ses comptes chez BGFIBank Gabon ; selon Jeune Afrique, ses courriers seraient restés sans suite.

Le 8 juin 2026, l’ancien chef de l’État adresse une mise en demeure à la banque pour obtenir ses relevés et le fondement juridique du blocage. Le 17 juin, BGFIBank répond en invoquant une ordonnance du juge du cabinet d’instruction spécialisé numéro un de Libreville, qui ordonne la mise sous séquestre des comptes du couple. La date, le contenu et le périmètre de cette ordonnance ne sont pas publics.

Le 22 juin, son avocat, Me Francis Nkéa Ndzigue, saisit le tribunal de première instance de Libreville pour obtenir une copie intégrale de l’ordonnance. Une procédure en référé est également engagée pour demander la mainlevée de la mesure et la restitution des avoirs. Selon Info241, des discussions tenues en septembre au palais présidentiel n’auraient débouché sur aucun compromis.

Après avoir écrit à la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), Ali Bongo a saisi la Cosumaf le 12 octobre, toujours selon Jeune Afrique. Il envisagerait aussi de s’adresser à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur bancaire français, le groupe étant présent en France à travers BGFIBank Europe.

Ce qui est réclamé, ce qui est jugé, ce qui est bloqué

Ce qui est réclamé. Ali Bongo demande la communication de l’ordonnance, la mainlevée du séquestre et la restitution de ses avoirs. Son entourage soutient que la décision ne lui a jamais été signifiée et juge le blocage « politiquement motivé et juridiquement contestable », selon GabonReview. Cette lecture est celle de son camp ; aucune décision ne l’a établie.

Ce qui est jugé. Aucune décision n’a été rendue publique, ni sur la demande de copie ni sur le référé, et aucun calendrier d’audience n’a été annoncé. Ali Bongo ne figurait pas parmi les accusés du procès tenu en novembre 2025 devant la Cour criminelle spécialisée de Libreville. Celle-ci a condamné par contumace Sylvia Bongo Ondimba et leur fils Noureddin Bongo Valentin à vingt ans de réclusion criminelle, selon l’Agence France-Presse (AFP), notamment pour détournement de fonds publics ; tous deux, installés à Londres, contestent les accusations. Le 6 septembre 2023, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) avait déclaré l’ancien président libre de ses mouvements.

Ce qui est bloqué. Les comptes d’Ali Bongo et de Sylvia Bongo chez BGFIBank Gabon, en vertu d’une mesure conservatoire, selon la banque. Rien de public ne permet de dire si elle se rattache à une procédure visant l’ancien président ou aux condamnations de son épouse et de son fils.

Sollicités par Jeune Afrique, BGFIBank et le ministre de la Justice, Augustin Emane, reconduit dans le gouvernement annoncé le 11 octobre 2026, n’ont pas souhaité commenter l’affaire, rapportent GabonReview et Info241. Selon Info241, la banque affirme appliquer une décision de justice et non une instruction politique.

Cobac, Cosumaf : ce que peuvent les régulateurs

BGFIBank se présente comme le premier groupe bancaire d’Afrique centrale. En 2021, la lettre Africa Confidential écrivait que la famille Bongo détenait, à travers deux sociétés, 11 % de la holding du groupe. L’actionnariat actuel n’a pas été vérifié.

En saisissant la Cobac, superviseur bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), puis la Cosumaf, régulateur du marché financier régional, Ali Bongo sort le différend du seul cadre judiciaire gabonais ; son entourage dit vouloir alerter sur les conséquences possibles pour la réputation du groupe. La Cosumaf avait autorisé, lors de sa session du 28 octobre 2025, l’introduction en bourse de BGFI Holding Corporation, selon Gabonmediatime.

La portée de ces saisines reste incertaine. Selon notre analyse, les régulateurs contrôlent la conformité des établissements mais n’ont pas vocation à annuler la décision d’un juge d’instruction, et la compétence de la Cosumaf sur un litige de comptes de dépôt paraît discutable. Info241 y voit la volonté de « déplacer le rapport de force au-delà des frontières gabonaises ».

Ce qu’il faudra suivre

La décision du tribunal de première instance de Libreville sur la communication de l’ordonnance pourrait éclairer le fondement de la mesure. Suivront les éventuelles réponses de la Cobac et de la Cosumaf, puis le choix d’Ali Bongo de saisir, ou non, le régulateur français.

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : Ali Bongo Ondimba : biographie, âge et parcours · Bourse : BGFI Holding fixe le prix de son action à 80 000 FCFA pour son entrée sur les marchés

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