L’influenceur panafricaniste Kemi Seba a déclaré, lundi 11 mai 2026 devant un tribunal de Pretoria, craindre pour sa vie s’il était extradé vers le Bénin, son pays d’origine. Les autorités béninoises l’accusent d’avoir soutenu une tentative de coup d’État survenue en décembre dernier contre le président Patrice Talon.
L’activiste de 44 ans, suivi par près de 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux, est détenu en Afrique du Sud depuis son arrestation à la mi-avril.
Une arrestation à Pretoria
Kemi Seba a été interpellé alors qu’il s’apprêtait, selon les autorités sud-africaines, à quitter clandestinement le territoire en compagnie de son fils âgé de 18 ans et d’un dirigeant d’un groupe identitaire afrikaner.

Son visa sud-africain étant expiré, les trois hommes ont été placés en détention dans l’attente des procédures judiciaires. Le tribunal de Pretoria examinait lundi une demande de remise en liberté sous caution.
Des accusations de persécution politique
Au cours de l’audience, Kemi Seba a affirmé ne plus être retourné au Bénin depuis mai 2024, expliquant craindre des représailles politiques de la part des autorités actuelles.
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Dans une déclaration sous serment lue par son avocat Bill Kobras, il a déclaré : «Je nourris la crainte, pas seulement perçue mais bien réelle, que ma vie serait en danger si je devais retourner au Bénin avec les autorités actuelles».
L’activiste a également indiqué avoir introduit une demande d’asile politique en Afrique du Sud, enregistrée le 28 avril.
Un mandat d’arrêt du Bénin
Le Bénin avait émis un mandat d’arrêt international contre Kemi Seba quelques jours après la tentative avortée de coup d’État de décembre. Le militant avait alors salué publiquement ce qu’il avait qualifié de «jour de la libération» du Bénin, suscitant de vives réactions à Cotonou.
Lire : Diplomatie : le Bénin confirme sa demande d’extradition de l’influenceur panafricaniste Kemi Seba
Figure connue du panafricanisme radical, Kemi Seba dirige l’ONG «Urgences panafricanistes» et s’est fait connaître par ses prises de position hostiles à la France et aux dirigeants africains jugés proches de Paris.
Des liens avec le Niger
De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kemi Seba dispose également d’un passeport diplomatique nigérien accordé par les autorités militaires du Niger, arrivées au pouvoir après le coup d’État de 2023.
Selon sa défense, l’ambassade du Niger en Afrique du Sud serait disposée à l’héberger en cas de libération provisoire. Le Niger, voisin du Bénin, entretient actuellement des relations tendues avec plusieurs pays occidentaux et s’est rapproché de la Russie.
Le tribunal de Pretoria a ajourné l’affaire au 19 mai prochain. D’ici là, Kemi Seba et les deux autres personnes arrêtées avec lui resteront maintenus en détention.
Notre Afrik avec AFP








