Le Niger a décidé d’annuler les traditionnels défilés du 1er mai sur l’ensemble de son territoire, invoquant des raisons de sécurité. L’annonce a été faite par la ministre de la Fonction publique et du Travail, Aïssatou Abdoulaye Tondi, dans un communiqué officiel.
C’est la première fois que cette célébration est annulée pour un tel motif. Les autorités évoquent un «contexte national marqué par de multiples défis, notamment sécuritaires», sans détailler explicitement les menaces.
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À la place des défilés, qui impliquent des rassemblements de masse, la célébration de la fête du Travail se fera de manière symbolique.
Une menace jihadiste persistante
Le Niger est confronté à des attaques récurrentes de groupes armés, notamment l’État islamique au Sahel (EIS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda.
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Ces groupes opèrent principalement dans l’ouest et le sud-est du pays. Fin janvier, une attaque inédite avait même visé l’aéroport de Niamey, illustrant l’évolution des capacités opérationnelles des assaillants.
Un contexte régional sous tension
Cette décision intervient également dans un environnement régional instable, marqué notamment par la crise sécuritaire au Mali voisin. Partenaire du Niger et du Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali a récemment subi des attaques d’ampleur contre des positions stratégiques.
Le chef de la junte nigérienne, Abdourahamane Tiani, a d’ailleurs exprimé ses condoléances à ce pays après ces événements, qualifiant les attaques de «lâches incidents terroristes».
Une adaptation des activités syndicales
Habituellement, les centrales syndicales organisent des défilés dans plusieurs villes, notamment à Niamey. Cette année, elles sont invitées à concentrer leurs activités autour du thème «le travailleur nigérien, acteur de la refondation». Certaines organisations ont déjà opté pour des alternatives, comme des prières collectives pour la paix.
Dans l’ensemble, cette décision illustre l’impact direct de l’insécurité sur la vie publique au Niger, où les autorités privilégient désormais la prudence face aux risques liés aux rassemblements.
Notre Afrik avec AFP