Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Loi minière 25-12 : l’Algérie démarche les Britanniques

Terrils et déblais rocheux de la mine de fer de l'Ouenza dominant la ville et la plaine, dans l'est de l'Algérie, pour illustrer la nouvelle loi minière algérienne

Le mardi 13 octobre 2026 à Alger, des responsables, experts et représentants d’entreprises britanniques du secteur minier ont rencontré les autorités algériennes pour explorer des partenariats, selon l’Algérie Presse Service (APS). L’argument central d’Alger : la loi minière n° 25-12 du 3 août 2025, qui supprime pour les mines la règle imposant une majorité algérienne au capital. Aucun accord ni contrat n’a été annoncé à l’issue de la rencontre.

Une rencontre d’affaires, pas un accord

La réunion a été organisée par le Conseil d’affaires algéro-britannique (Algerian British Business Council, ABBC), selon le site d’information Entre Nous. L’APS en résume l’objet : explorer les possibilités d’investissement et de partenariat dans la recherche minière, les services, les équipements et la technologie. Des rencontres entre entreprises (B2B) ont suivi les séances plénières. Aucune entreprise britannique n’est nommée dans les comptes rendus consultés, et aucun montant n’a été avancé.

Côté algérien, la délégation était conduite par Karima Bakir Tafer, secrétaire d’État auprès du ministre des Mines et des Industries minières. Côté britannique, Entre Nous cite l’ambassadeur du Royaume-Uni en Algérie, James Downer, selon lequel Londres entend ouvrir de nouveaux secteurs d’investissement en Algérie, à commencer par les mines, ainsi que le président de l’ABBC, Martyn Roper. Selon le même média, les projets présentés comprenaient le fer de Gara Djebilet, le complexe intégré de phosphate et l’extraction de zinc et de plomb.

Ce que change la loi minière 25-12

Devant les investisseurs, Karima Bakir Tafer a présenté la nouvelle loi comme un « cadre législatif et réglementaire incitatif à l’investissement et au partenariat international », rapporte l’APS. Le texte a été publié au Journal officiel n° 52 du 7 août 2025 et abroge la loi n° 14-05 de 2014.

Le changement principal porte sur le capital. Selon l’article 101, lorsqu’une société de droit algérien détenue en partie ou en totalité par des étrangers demande un permis d’exploitation de mines, l’entreprise nationale y participe « dans la limite de vingt pour cent (20 %) ». Cette participation ne peut pas être diluée lors d’une augmentation de capital, sauf décision contraire de l’entreprise nationale. Les deux parties peuvent convenir d’une part publique supérieure « si l’intérêt économique est justifié », et cette part n’est pas plafonnée lorsque le permis est attribué par appel à la concurrence. C’est de cette disposition que la presse algérienne tire la possibilité, pour un investisseur étranger, de détenir jusqu’à 80 % d’une société minière, si l’entreprise nationale prend sa part de 20 %.

La règle dite 51/49 ne disparaît pas totalement : l’article 102 réserve le permis d’exploitation de carrières aux sociétés détenues à au moins 51 % par des Algériens. Le permis d’exploitation de mines est accordé pour 30 ans au plus, renouvelable par périodes de 20 ans au plus tant que les réserves le permettent (article 99). La loi prévoit également un droit de préemption de l’entreprise nationale, à exercer sous 60 jours, sur certains transferts de droits miniers.

La loi ne dit pas tout. Son article 215 maintient en vigueur les textes d’application de l’ancienne loi jusqu’à la publication des nouveaux. Le partage réel de la valeur dépendra donc aussi de ces textes, de la fiscalité minière et des cahiers des charges de chaque projet.

Londres cherche à diversifier ses approvisionnements

L’intérêt britannique s’inscrit dans la stratégie « Vision 2035 » sur les minerais critiques, publiée par le gouvernement le 22 novembre 2025. Elle fixe pour 2035 trois objectifs : produire au Royaume-Uni 10 % des besoins en minerais, en couvrir 20 % par le recyclage et ne pas importer plus de 60 % d’un minerai critique donné d’un seul pays. Le gouvernement y annonce jusqu’à 50 millions de livres sterling de financements nouveaux. Cette stratégie ne mentionne pas d’enveloppe dédiée à l’Algérie.

Pour Alger, la rencontre reste une prise de contact. Les entreprises britanniques mettent en avant des données géologiques, de l’ingénierie, des équipements et des services : des prestations qui ne valent ni permis minier ni contrat d’approvisionnement. Les prochaines étapes à suivre sont des projets nommés, des sociétés contractantes et des montants engagés, que ni l’APS ni les autres comptes rendus ne mentionnaient au 15 octobre 2026.

Sources

À lire aussi sur NotreAfrik : El Hadjar : 600 000 tonnes, 4 propriétaires en 25 ans · Minerais critiques : 4 projets DFC, la valeur part aux USA · Minerais africains : 4 remèdes proposés par Shettima à l’ONU

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app