Le tribunal de l’aéroport international de Nairobi a rendu, ce mercredi 15 avril 2026, un verdict exemplaire contre Zhang Kequn, un ressortissant chinois reconnu coupable de trafic d’espèces sauvages.
La juge Irene Gichobi a condamné l’accusé à une peine d’un an de prison ferme ainsi qu’à une amende d’un million de shillings kényans (environ 7 700 dollars), dénonçant un phénomène de «biopiraterie» en pleine expansion qui menace l’équilibre écologique du pays.
Plus de 2 000 spécimens saisis à l’aéroport
L’arrestation de Zhang Kequn, survenue le 10 mars dernier, a permis de mettre à jour un mode opératoire minutieux. Lors
d’un contrôle de ses bagages, les agents de sécurité ont découvert 2 200 fourmis, dont près de 2 000 appartenaient à l’espèce Messor cephalotes. Les insectes étaient conditionnés dans des tubes à essai contenant du coton imbibé d’eau sucrée pour assurer leur survie durant le transport vers la Chine. Ce trafiquant était dans le viseur des autorités depuis 2025, année où il avait réussi à échapper à une première vague d’arrestations impliquant notamment des ressortissants belges.
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Ce commerce illicite est alimenté par une demande croissante en Asie, en Europe et aux États-Unis, où ces insectes sont prisés comme nouveaux animaux de compagnie. Les colonies, et plus particulièrement les reines, font l’objet d’une spéculation importante, pouvant se négocier pour plusieurs centaines d’euros l’unité sur le marché noir. La magistrate a souligné que l’accusé n’avait montré aucun remords durant le procès, justifiant ainsi une sentence plus lourde que celles prononcées par le passé pour des faits similaires.
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Un réseau de biopiraterie sous surveillance
L’enquête a révélé que Zhang Kequn ne travaillait pas seul. Un complice local, arrêté le 13 mars, est actuellement poursuivi pour avoir fourni les insectes au réseau. Selon les éléments du parquet, ce dernier aurait vendu les spécimens pour une somme dérisoire (moins d’un euro l’unité), alimentant ainsi une filière à haute valeur ajoutée pour les exportateurs clandestins. Si ce fournisseur présumé plaide non coupable, son implication présumée met en lumière les ramifications locales du trafic.
Face à cette recrudescence, l’agence de conservation kényane (KWS) et le système judiciaire ont décidé d’adopter une posture de tolérance zéro. La juge Gichobi a insisté sur la nécessité d’infliger des peines «dissuasives et sévères» pour protéger la biodiversité du Kenya. Cette condamnation marque un tournant dans la lutte contre le pillage des ressources biologiques africaines, rappelant que même les plus petits éléments de l’écosystème font désormais l’objet d’une protection judiciaire rigoureuse.
Notre Afrik avec AFP