Maladies tropicales négligées : le Bénin traite 950 000 enfants en trois jours

Près de 950 000 enfants traités contre la bilharziose et plus de 1 227 000 contre les géo-helminthiases : c’est le bilan de la dernière campagne nationale béninoise de lutte contre les maladies tropicales négligées, organisée du 27 au 29 avril 2026. Plus de trois millions de comprimés ont été distribués à travers le pays en seulement trois jours.

Analyse NotreAfrik — Les maladies tropicales négligées (MTN) touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde, majoritairement en Afrique subsaharienne. Le Bénin fait partie des pays endémiques où la bilharziose et les géo-helminthiases pèsent historiquement sur la santé infantile et les performances scolaires. L’OMS coordonne des programmes similaires dans une quarantaine de pays africains, dans le cadre de la feuille de route mondiale contre les MTN 2021-2030.
maladies tropicales négligées — Le Bénin intensifie sa lutte contre les maladies tropicales négligées
© APO Group

Maladies tropicales négligées : des taux d’infection divisés par deux depuis 2015

Ce résultat est le fruit d’une stratégie lancée en 2009 dans le département du Mono, puis étendue à l’ensemble du Bénin à partir de 2013. Chaque année, les enfants de 5 à 14 ans, scolarisés ou non, reçoivent gratuitement du praziquantel et des antiparasitaires, administrés selon leur taille pour garantir une dose sûre et efficace. Les enfants non scolarisés sont rejoints à domicile par des relais communautaires, élargissant la couverture aux populations les plus vulnérables.

L’impact est mesurable. Selon l’enquête d’impact réalisée en 2022, le taux d’infection à la bilharziose se situe désormais entre 0 et 25 %, contre 10 à 50 % lors de l’enquête de référence de 2015. Les géo-helminthiases, qui touchaient jusqu’à 60 % des enfants dans certaines localités, affichent aujourd’hui une prévalence comprise entre 5 % et 9,84 %. Dans les classes de l’École primaire publique de Guinkomé-Lokossa, le directeur Bruno Kokou Azia observe la différence : « Avant, beaucoup de nos élèves manquaient les cours parce qu’ils souffraient de vers intestinaux. Aujourd’hui, nous constatons que les enfants sont plus présents à l’école et plus impliqués dans les apprentissages. »

Une approche inclusive qui dépasse les murs de l’école

En réduisant la charge parasitaire, les campagnes luttent aussi contre l’anémie, la fatigue et les retards de croissance — autant de freins à la réussite scolaire. La mobilisation repose sur une semaine de sensibilisation auprès des parents, enseignants et leaders communautaires, avant chaque distribution. L’OMS apporte un appui technique continu : planification des campagnes, formation des acteurs de terrain, digitalisation de la collecte de données et suivi-évaluation. « Chaque enfant protégé représente une chance supplémentaire de grandir en bonne santé, d’apprendre et de développer pleinement son potentiel », souligne le Dr Jean Kouamé Konan, représentant de l’OMS au Bénin.

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Avec APO Group.

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