Au moins huit personnes ont été tuées vendredi dans le cercle de Tidermène, dans la région de Ménaka, lorsqu’un véhicule transportant des civils a été pris pour cible alors qu’il se dirigeait vers un marché hebdomadaire, selon des sources locales et sécuritaires.
D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, le pick-up transportait des habitants en route vers la foire d’Inkadewane, un déplacement régulier pour les populations de cette zone frontalière avec le Niger. Toutes les personnes à bord auraient été tuées sur le coup, parmi lesquelles figuraient des adolescents.
Un responsable de santé figure parmi les victimes
Selon un élu local, l’une des victimes était le responsable du Programme élargi de vaccination du centre de santé d’Intadeyni, une localité située à une quarantaine de kilomètres de Ménaka. Sa disparition représente un nouveau coup dur pour une région confrontée à d’importants défis sanitaires et à un accès limité aux soins.
Les circonstances exactes de la frappe n’ont pas été officiellement précisées. Toutefois, lundi, l’Africa Corps, qui appuie les forces armées maliennes, a diffusé une vidéo affirmant avoir détruit à l’aide d’un drone un véhicule présenté comme appartenant à des combattants armés transportant des armes dans le cercle de Tidermène.
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Des populations de plus en plus exposées
Depuis les attaques coordonnées lancées fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et ses alliés, les opérations militaires se sont intensifiées dans le nord du Mali. Les autorités ont également renforcé les mesures de sécurité, notamment en limitant la circulation des motos de forte cylindrée, fréquemment utilisées par les groupes armés.
Lire : Mali : Human Rights Watch dénonce de graves exactions contre les civils
Dans ce contexte, les habitants dénoncent une dégradation des conditions de déplacement. Selon des sources sécuritaires, les trajets en pick-up ou à moto sont devenus particulièrement risqués, compliquant l’accès aux marchés, aux soins de santé et aux produits de première nécessité.
Cette frappe intervient au lendemain de la publication d’un rapport de Human Rights Watch accusant les différents acteurs du conflit, le JNIM, les groupes armés alliés, les forces armées maliennes et leurs partenaires de l’Africa Corps d’avoir commis de graves violations contre les populations civiles depuis la reprise des affrontements à la fin du mois d’avril. La multiplication de ces incidents illustre les conséquences croissantes du conflit sur les habitants des régions les plus exposées du nord du Mali.
Notre Afrik avec AFP