Les tensions entre le pouvoir ougandais et la presse indépendante se sont accentuées après la fermeture de plusieurs médias appartenant au groupe Nation Media.
Des soldats ont été déployés dimanche pour interrompre les activités de NTV Uganda, Spark TV et du quotidien Daily Monitor, sur instruction du chef de l’armée, le général Muhoozi Kainerugaba. Aucune décision officielle de l’autorité de régulation des communications n’a été rendue publique pour justifier cette mesure, qui intervient après plusieurs semaines de critiques formulées par ces médias sur des questions de gouvernance, de sécurité et de droits humains.
Le chef de l’armée assume sa décision
Le général Muhoozi Kainerugaba, également fils du président Yoweri Museveni, a revendiqué publiquement cette décision sur le réseau social X. Il y affirme disposer du pouvoir de fermer tout média opérant en Ouganda et soutient que la presse doit être encadrée par les principes de la «révolution».

Le responsable militaire a également annoncé avoir ordonné le placement des locaux du groupe sous surveillance militaire. Dans une autre publication, il a appelé à l’arrestation de Susan Nsibirwa, directrice générale du Nation Media Group, l’accusant de semer le désordre dans le pays.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
À ce stade, le gouvernement ougandais et la Commission des communications n’ont pas fourni d’explications officielles sur les fondements juridiques de ces mesures.
Des inquiétudes pour la liberté de la presse
La fermeture des médias intervient dans un contexte marqué par des relations de plus en plus tendues entre les autorités et la presse indépendante. Ces dernières années, plusieurs médias ont dénoncé des restrictions d’accès aux activités officielles, des coupures d’internet, des limitations imposées aux réseaux sociaux ainsi que des arrestations de journalistes.
Les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ont rapidement condamné les nouvelles mesures, estimant qu’elles constituent une atteinte grave au pluralisme de l’information et à la liberté d’expression.
Lire : Ouganda : un député de l’opposition accuse l’armée d’avoir tué dix de ses partisans
Le Nation Media Group, considéré comme l’un des principaux groupes de presse d’Afrique de l’Est, n’avait pas encore publié de réaction détaillée au moment des faits. Ses installations demeuraient sous surveillance, tandis que l’avenir de ses activités en Ouganda reste incertain.
Cette nouvelle crise intervient alors que le pays se prépare à d’importantes échéances politiques, dans un climat de préoccupations croissantes concernant les libertés publiques et le fonctionnement des institutions.







