Si le texte a obtenu une large approbation des députés, les appels à une consultation populaire continuent d’alimenter le débat politique. Adoptée par 129 voix, la réforme intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, deux figures longtemps alliées au sein du Pastef.
issu d’un chantier de réformes engagé après les Assises de la Justice de 2024 et le Dialogue national sur le système politique organisé en 2025. Il introduit plusieurs modifications destinées à renforcer les mécanismes de contrôle des institutions.
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Parmi les principales dispositions figure une définition plus précise de la notion de haute trahison du chef de l’État. Le président ne pourra désormais dissoudre l’Assemblée nationale qu’une seule fois au cours de son mandat. Le texte impose également au chef de l’État une déclaration de patrimoine au début et à la fin de ses fonctions.
La réforme élargit aussi les pouvoirs du Parlement. Les commissions d’enquête disposeront de capacités d’investigation renforcées, tandis que le gouvernement sera tenu d’informer les députés de toute convention d’investissement liée aux ressources naturelles.
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Le rôle du Premier ministre est également revu. Désormais, la conduite de la politique nationale devra être définie en concertation avec le président de la République, alors qu’elle relevait auparavant exclusivement de ce dernier. Le projet prévoit enfin la création d’une Cour constitutionnelle composée de neuf membres, sans modifier le mode d’élection du président ni la limitation du nombre de mandats.
Des débats houleux et des appels à consulter les Sénégalais
L’examen du texte a donné lieu à une séance particulièrement mouvementée. L’opposition a dénoncé une réforme susceptible, selon elle, de bouleverser l’équilibre des pouvoirs au profit de la majorité parlementaire.
Le député Abdou Mbow s’est notamment opposé au projet en réclamant qu’il soit soumis à référendum. Estimant que seule une consultation populaire pouvait légitimer une telle réforme institutionnelle, il a refusé de quitter son pupitre avant d’être évacué de l’hémicycle par les forces de sécurité.
Au-delà des tensions au Parlement, le débat s’est poursuivi au sein de l’exécutif. Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, s’est lui aussi prononcé en faveur d’un référendum afin que les Sénégalais puissent se prononcer sur cette révision constitutionnelle.
Pour sa part, Ousmane Sonko a défendu la légitimité du vote parlementaire, rappelant que le projet est l’aboutissement d’un processus de concertation engagé depuis plusieurs mois. Selon lui, cette réforme ouvre une nouvelle phase dans la modernisation des institutions sénégalaises, même si son adoption continue de diviser la classe politique.