Vih/Sida: le médicament qui protège à 99,9 % bientôt fabriqué en Afrique

Vih/Sida: le médicament qui protège à 99,9 % bientôt fabriqué en Afrique

Un laboratoire sud-africain produira à terme le lénacapavir, un traitement préventif contre le VIH considéré comme l’une des avancées médicales les plus prometteuses de ces dernières années.

L’annonce a été faite mardi 12 mai 2026 par l’organisation internationale de santé Unitaid, à l’occasion du sommet Africa Forward organisé à Nairobi. Cette décision est présentée comme une étape majeure vers la souveraineté pharmaceutique du continent africain, encore fortement touché par l’épidémie de VIH.

Le lénacapavir, développé par le laboratoire américain Gilead Sciences, est un traitement injectable administré seulement deux fois par an.

Un traitement jugé révolutionnaire

Selon les experts, ce médicament représente un progrès considérable par rapport aux traitements préventifs nécessitant la prise quotidienne de comprimés.

Sa discrétion d’utilisation constitue notamment un avantage important pour de nombreuses femmes exposées au VIH, qui peuvent ainsi se protéger sans subir de pressions sociales ou familiales. Les études cliniques montrent que le lénacapavir réduit de 99,9 % le risque de transmission du virus.

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Le directeur exécutif d’Unitaid, Philippe Duneton, a indiqué qu’un accord avait été trouvé avec Gilead et le gouvernement sud-africain afin que ce traitement soit produit localement dès que possible.

Un appel d’offres a déjà été lancé pour identifier le laboratoire sud-africain chargé de fabriquer une version générique du médicament.

Une production attendue sous un à deux ans

Selon Unitaid, la production effective pourrait démarrer dans un délai d’un à deux ans après la sélection du site industriel.

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L’objectif est de renforcer les capacités régionales de fabrication de médicaments en Afrique, un enjeu mis en évidence lors de la pandémie de Covid-19, lorsque de nombreux pays africains avaient peiné à accéder aux vaccins et traitements.

Cette annonce intervient également dans un contexte de baisse de certaines aides internationales à la santé, notamment en provenance des États-Unis, qui fragilise plusieurs programmes africains de lutte contre le VIH/sida. L’Afrique du Sud demeure l’un des pays les plus touchés au monde par l’épidémie.

Vers des traitements plus accessibles

Le lénacapavir coûte actuellement environ 28 000 dollars par an aux États-Unis. Mais des versions génériques à environ 40 dollars par an devraient être disponibles à partir de 2027 dans plus de 100 pays grâce à des accords impliquant Unitaid, la Fondation Gates et plusieurs laboratoires indiens.

Lire : VIH : un traitement injectable bimensuel jugé sûr et efficace en Afrique

Philippe Duneton a également annoncé que le groupe Merck & Co. s’était engagé à produire en Afrique un autre traitement anti-VIH, administré une fois par mois sous forme de comprimé.

Pour les responsables de la santé mondiale, ces avancées pourraient accélérer l’accès du continent africain aux innovations thérapeutiques, longtemps disponibles avec plusieurs années de retard par rapport aux pays occidentaux.

Notre Afrik avec AFP

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