Le gouvernement burkinabè a approuvé en Conseil des ministres plusieurs accords de prêts et de dons représentant plus de 164 milliards de FCFA, destinés à moderniser l’agriculture nationale et à renforcer durablement la sécurité alimentaire.
Cette importante enveloppe financière s’inscrit dans la stratégie des autorités visant à accroître la production locale, améliorer les revenus des exploitants agricoles et réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires.
Une première partie du financement provient de l’Association internationale de développement (IDA), institution du groupe Banque mondiale spécialisée dans l’appui aux pays à faible revenu. Ces ressources serviront à financer l’Opération d’appui à la transformation de l’agriculture au Burkina Faso.
Doté d’un coût global de plus de 104 milliards de FCFA, ce programme ambitionne de relever la productivité agricole, renforcer la résilience face aux changements climatiques et faciliter l’accès des producteurs aux financements privés.
Irrigation, stockage et soutien aux producteurs
Prévu sur cinq ans, le projet comprend l’aménagement de 3 900 hectares de périmètres irrigués ainsi que la réhabilitation de 1 800 hectares de bas-fonds grâce à des travaux à forte intensité de main-d’œuvre.
Deux centres modernes de stockage seront également construits à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, avec une capacité de 400 000 tonnes chacun, afin de mieux conserver les récoltes et limiter les pertes post-récolte.
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Le programme prévoit en outre le financement de 800 sous-projets et microprojets destinés aux producteurs agricoles, aux populations réinstallées dans les zones reconquises ainsi qu’aux anciens Volontaires pour la défense de la patrie engagés dans un processus d’insertion économique.
Engrais, semences et hausse attendue de la production
Le second axe du plan repose sur des accords conclus avec le Fonds africain de développement et la Banque africaine de développement, pour un montant de plus de 60 milliards de FCFA.
Ces ressources financeront l’Opération d’urgence pour le renforcement de la production agricole au Burkina Faso, deuxième phase du programme PURPA-BF.
Les autorités prévoient l’acquisition de 68 700 tonnes d’engrais, la constitution d’un stock stratégique de 56 700 tonnes pour amortir les effets de la hausse des prix, ainsi que l’achat de plus de 10 000 tonnes de semences améliorées de riz, maïs, soja, mil et blé.
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Le volet logistique comprend aussi la construction de quatre entrepôts de 15 000 tonnes à Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ziniaré et Koupéla, cinq magasins de stockage supplémentaires et l’acquisition de 30 camions pour le transport des intrants.
Selon les projections officielles, ces investissements devraient générer une production additionnelle estimée à 1,3 million de tonnes de maïs, 725 000 tonnes de riz et 71 000 tonnes de sorgho.
À travers cette offensive agricole, le Burkina Faso entend faire de son secteur rural un moteur de croissance, d’emplois et de souveraineté alimentaire.