La décision a été rendue publique à l’issue d’un Conseil des ministres, quelques mois après les élections présidentielle et législatives qui ont marqué la vie politique ivoirienne.
Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a expliqué que cette dissolution faisait suite aux nombreuses critiques adressées à l’institution électorale.
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Selon lui, les autorités souhaitent mettre en place un nouveau mécanisme capable de renforcer la confiance entre les acteurs politiques et de garantir l’organisation d’élections apaisées et crédibles.
Le gouvernement n’a toutefois donné aucun détail précis sur la structure qui remplacera la CEI ni sur le calendrier de cette réforme.
Une institution au cœur des tensions politiques
Depuis plusieurs années, la Commission électorale indépendante fait l’objet de vives contestations de la part de l’opposition ivoirienne, qui l’accuse d’être trop proche du pouvoir.
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Chargée notamment de l’organisation des élections, de la supervision du processus électoral et de la révision des listes électorales, la CEI était devenue l’un des principaux points de friction entre le pouvoir et ses adversaires politiques.
Les exclusions lors de la présidentielle ravivent la polémique
Les critiques se sont accentuées lors de l’élection présidentielle d’octobre dernier, largement remportée par le président Alassane Ouattara.
Plusieurs figures majeures de l’opposition avaient été exclues de la liste électorale, notamment l’ancien président Laurent Gbagbo, en raison d’une condamnation judiciaire, ainsi que Tidjane Thiam, président du principal parti d’opposition, pour des questions liées à sa nationalité.
Ces exclusions avaient provoqué une forte contestation politique et conduit plusieurs partis d’opposition à suspendre leur participation aux travaux de la CEI.
La CEI rejetait toute accusation de partialité
Face aux accusations récurrentes, la Commission électorale indépendante avait toujours nié toute proximité avec un camp politique.
L’institution affirmait fonctionner dans le respect des textes et insistait sur sa composition pluraliste, qui comprenait des représentants du pouvoir, de l’opposition, de la société civile ainsi que du Conseil supérieur de la magistrature.
La CEI comptait notamment neuf représentants des partis politiques, dont cinq issus de l’opposition, six représentants de la société civile, ainsi que des délégués de la présidence et du ministère de l’Intérieur.
Une réforme électorale aux enjeux majeurs
La dissolution de la CEI ouvre désormais une nouvelle séquence politique en Côte d’Ivoire. Le futur dispositif électoral sera particulièrement scruté par l’opposition, la société civile et les partenaires internationaux, dans un contexte où la question de la transparence électorale demeure sensible.
Cette réforme pourrait redéfinir l’équilibre politique du pays à l’approche des prochaines échéances électorales et relancer le débat sur l’indépendance des institutions chargées de garantir la démocratie ivoirienne.