Les autorités de Sierra Leone et de Guinée se sont mutuellement mises en cause mardi, chacune dénonçant une violation de son territoire par les forces armées de l’autre pays. Cette montée de tension a conduit à l’arrestation de plusieurs militaires sierra-léonais par l’armée guinéenne.
Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, le ministère sierra-léonais de l’Information affirme que des soldats guinéens auraient franchi, la veille, la frontière nord pour pénétrer dans la localité de Kalieyereh, située dans la chefferie de Sulima,
dans le district de Falaba.
Selon les autorités de Freetown, des éléments des forces armées guinéennes auraient affronté des agents de sécurité sierra-léonais avant de procéder à l’interpellation de plusieurs soldats et policiers. Le gouvernement indique également que leurs armes et munitions auraient été confisquées.
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Le communiqué précise que les forces de sécurité sierra-léonaises étaient alors engagées dans la fabrication de briques destinées à la construction d’un poste frontalier et d’un centre d’hébergement pour renforcer la présence sécuritaire dans la zone. Les autorités assurent par ailleurs que le drapeau national avait été hissé sur un territoire qu’elles considèrent comme relevant de leur souveraineté.
Conakry évoque une intrusion étrangère
De son côté, l’état-major général des armées guinéennes présente une version différente des faits. Dans un communiqué publié mardi soir, il affirme qu’une incursion de militaires sierra-léonais aurait eu lieu dimanche dans la préfecture de Faranah.
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Le chef d’état-major, le général Ibrahima Sory Bangoura, indique que plusieurs dizaines de soldats armés auraient pénétré sans autorisation sur le sol guinéen. Selon Conakry, ces derniers auraient installé une tente et hissé leur drapeau national avant l’intervention rapide des forces guinéennes. Seize militaires sierra-léonais auraient ainsi été interpellés. Leur équipement aurait été saisi et une enquête ouverte afin d’établir les circonstances exactes des événements.
Une frontière longue et sensible
La Sierra Leone et la Guinée partagent une frontière de plus de 700 kilomètres, régulièrement marquée par des différends localisés. Au printemps 2025, des mouvements de troupes de part et d’autre avaient déjà ravivé les tensions près de la localité de Yenga, au nord-est de la Guinée. Ce village, revendiqué par la Sierra Leone mais occupé par des soldats guinéens depuis plus de deux décennies, demeure un point de crispation majeur.
Des populations impactées
Les récents incidents dans le district de Falaba témoignent d’un climat de tension persistant le long de la frontière. Dans ces zones rurales, les échanges commerciaux, les déplacements des habitants et l’accès aux terres agricoles se trouvent régulièrement perturbés par les différends sécuritaires.
Malgré ces frictions, les deux pays sont membres de plusieurs organisations régionales, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ainsi que l’Union du fleuve Mano, qu’ils partagent avec le Liberia et la Côte d’Ivoire, des cadres censés favoriser le dialogue et la coopération régionale.
Notre Afrik avec AFP