Présidence de la BAD : et si c’était Sidi

À quelques heures d’un vote décisif, la candidature du Mauritanien Sidi Ould Tah s’impose comme l’option la plus stratégique pour l’avenir de la Banque africaine de développement.

Ce 29 mai 2025, la Banque africaine de développement s’apprête à tourner une page. Une élection aux allures de carrefour, dans un contexte mondial où les certitudes s’effritent. Entre le désengagement progressif des États-Unis des grandes structures multilatérales, la léthargie économique de l’Europe et le repli des partenaires historiques, la BAD est confrontée à une équation délicate : comment continuer à jouer son rôle moteur alors que les flux financiers se tarissent ?

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Dans ce climat, le profil du prochain président ne peut relever du simple équilibre diplomatique. Il doit répondre à une urgence : mobiliser rapidement des ressources nouvelles, substantielles, et disponibles. Un nom se détache naturellement : celui de Sidi Ould Tah, ancien patron de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.

L’architecte discret d’une nouvelle diplomatie financière

Cet homme discret, mais redoutablement efficace, a su tisser des liens solides avec les puissances financières du Golfe, là où se trouvent aujourd’hui les marges de manœuvre budgétaires. Grâce à une diplomatie économique patiente, Sidi a su bâtir une passerelle crédible entre l’Afrique et les membres du Conseil de coopération du Golfe (GCC). Là où beaucoup cherchent encore la porte d’entrée, lui dispose déjà des clés.

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Mais réduire sa candidature à un carnet d’adresses serait une erreur. À la BADEA, Sidi a fait ses preuves en réformant sans brutaliser, en accélérant sans dénaturer. Il a donné corps à une gouvernance plus fluide, recentrée sur l’efficacité et la réponse concrète aux besoins du terrain. En clair, il sait adapter une machine institutionnelle aux exigences de l’heure, sans sacrifier les fondamentaux.

Un profil adapté aux défis multiples

Aujourd’hui, l’Afrique a besoin d’un dirigeant capable de conjuguer vision stratégique et capacités opérationnelles. Les chocs extérieurs — qu’ils soient économiques, climatiques ou sécuritaires — exigent une BAD agile, inventive, mais aussi capable de parler aux nouvelles puissances financières. Dans cette configuration, le profil de Sidi Ould Tah coche toutes les cases.

Lire aussi : BAD : Sidi Ould Tah précise sa vision pour transformer l’institution bancaire

En tout état de cause, ce scrutin n’est pas qu’un rituel institutionnel. Il pose une question simple : veut-on une BAD qui gère ou une BAD qui impulse ? Miser sur le Mauritanien, ce n’est pas choisir un homme, c’est embrasser une vision : celle d’une Afrique qui assume sa place dans les nouveaux équilibres du monde, sans renoncer à ses ambitions profondes.

Simon Pierre Etoundi

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