Loin des simples formules protocolaires, le souverain pontife a placé l’éthique et la justice au cœur de son message, exhortant le sommet de l’État à un profond changement de paradigme pour répondre aux aspirations d’un peuple en quête de renouveau, de transparence et de dignité.
l’Église catholique, la stagnation de la confiance sociale au Cameroun est intimement liée aux pratiques qui détournent les ressources publiques de leur mission première. Sans détour, il a ciblé les réseaux d’influence et les comportements déviants qui paralysent l’administration et l’économie du pays, tout en creusant les inégalités.
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
«Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité. Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie», a martelé le Saint-Père devant un auditoire attentif.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Il a précisé que le véritable succès d’une nation ne se mesure pas à l’accumulation de richesses par une élite, mais au « développement humain intégral », garantissant une croissance équilibrée pour tous les citoyens. Selon lui, cette transformation exige que les dirigeants renoncent à la domination pour embrasser l’esprit de service, seul capable de transformer les blessures sociales en sources de progrès.
L’appel à un «examen de conscience» et à la refonte de l’État de droit
Face aux crises sécuritaires et sociales qui secouent le pays, notamment dans les régions anglophones et le Grand Nord, Léon XIV a invité les dirigeants camerounais à ne pas se contenter de mesures superficielles ou de discours de façade, mais à engager une réflexion éthique profonde sur leur manière de servir la nation et de protéger les plus vulnérables.
«La transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d’oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux», a-t-il déclaré avec force au palais présidentiel.
Le Pape a rappelé que l’autorité n’a de sens que si elle se fait «pont» et non «facteur de division». En insistant sur le fait que la loi doit être un «rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts», il a placé le respect des droits de l’homme comme la condition sine qua non d’une sécurité légitime. Pour le souverain pontife, la rigueur nécessaire face à l’insécurité doit impérativement s’accompagner d’une «grandeur d’âme» et d’une écoute réelle de la société civile, afin de construire une paix qui ne soit pas un simple slogan, mais une réalité vécue.
Un pèlerinage de paix pour les régions anglophones
Au-delà des questions de gouvernance, l’enjeu majeur de ce périple réside dans la crise séparatiste qui déchire les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017. Le Pape est attendu jeudi à Bamenda, épicentre d’un conflit ayant déjà causé la mort de plus de 6 000 civils et déplacé des centaines de milliers de personnes.
Pour les millions de fidèles catholiques camerounais, cette visite, la première depuis 2009, représente une chance unique de voir les lignes bouger. Après l’étape de Bamenda, Léon XIV se rendra vendredi à Douala pour une messe géante, avant de poursuivre sa tournée africaine marathon vers l’Angola et la Guinée équatoriale.