Le ton est monté entre Nouakchott et Bamako après des accusations jugées graves par les autorités mauritaniennes. La Mauritanie a fermement rejeté les déclarations de l’armée malienne évoquant la présence de soldats maliens détenus dans un camp de réfugiés situé sur son territoire.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement mauritanien affirme avoir appris avec «stupéfaction et indignation»
les propos attribués aux Forces armées maliennes (FAMa). Celles-ci avaient indiqué que deux militaires maliens, retenus par des groupes armés, auraient réussi à s’échapper depuis un camp de réfugiés en Mauritanie.
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Les autorités de Nouakchott qualifient ces allégations de «totalement infondées» et «offensantes». Elles regrettent également l’absence de preuves et dénoncent une communication faite sans recours aux canaux diplomatiques appropriés.
Le camp de M’Berra sous surveillance internationale
La Mauritanie met en avant le fonctionnement du camp de M’Berra, qui accueille depuis plusieurs décennies des dizaines de milliers de réfugiés, majoritairement maliens. Selon le gouvernement, ce site est placé sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que de nombreuses organisations humanitaires.
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Ces acteurs internationaux disposent d’un accès permanent au camp et assurent un suivi régulier des conditions de vie et de sécurité. Nouakchott rappelle également que des responsables maliens ont déjà visité les lieux par le passé, saluant le professionnalisme des équipes sur place.
Un appel à la retenue et au dialogue
Face à cette polémique, les autorités mauritaniennes appellent à privilégier la voie diplomatique afin d’éviter toute escalade. Elles invitent Bamako à faire preuve de «rigueur dans ses communications officielles» et à recourir aux mécanismes de coopération existants pour traiter les questions sensibles.
Tout en réaffirmant leur attachement à des relations de bon voisinage avec le Mali, les autorités mauritaniennes préviennent qu’elles se réservent le droit de défendre leur image et leur souveraineté.
La version de l’armée malienne
De son côté, l’état-major malien a indiqué que deux soldats, capturés en octobre 2025 par des groupes armés, se sont évadés dans la nuit du 13 au 14 mars 2026 avant de regagner le Mali. Ils auraient été pris en charge à Goundam puis remis aux autorités militaires.
Selon Bamako, cette évasion aurait été facilitée par des opérations militaires menées le long de la frontière avec la Mauritanie, notamment dans la zone de la forêt du Wagadou. Par ailleurs, les autorités maliennes ont annoncé qu’un responsable administratif enlevé en février, le préfet du cercle de Dioïla, a lui aussi réussi à s’échapper de ses ravisseurs et se trouve actuellement sous protection des forces de sécurité.