François Bozizé Yangouvonda, né le 14 octobre 1946 à Mouila, dans l’actuel Gabon, est un militaire et homme politique centrafricain qui a exercé la présidence de la République centrafricaine du 15 mars 2003 au 24 mars 2013. En exil depuis sa chute, il a été condamné par contumace à la perpétuité en 2023 et son procès pour crimes contre l’humanité s’est ouvert à Bangui en juin 2026.
Qui est François Bozizé ?
François Bozizé est un officier de carrière qui a présidé la République centrafricaine de 2003 à 2013, après un coup d’État militaire en mars 2003. Son nom complet est François Bozizé Yangouvonda. Son épouse se prénomme Monique. Il a fondé le parti Convergence nationale « Kwa Na Kwa ». Il est le sixième président de la République centrafricaine.
Quel est son âge et d’où vient-il ?
Né le 14 octobre 1946 à Mouila, ville du territoire qui forme aujourd’hui le Gabon — alors sous administration française dans le cadre de l’Afrique-Équatoriale française —, François Bozizé a 79 ans en août 2026. Il appartient à l’ethnie Gbaya, l’une des principales communautés de Centrafrique.
Quelle est sa formation militaire ?
En 1966, à vingt ans, François Bozizé intègre l’École spéciale de formation des officiers d’active de Bouar, en République centrafricaine. Il en sort sous-lieutenant en 1969, puis accède au grade de capitaine en 1975. En 1978, sous le régime de Jean-Bédel Bokassa, il est nommé général de brigade.
Quel est son parcours sous Bokassa, Dacko et Kolingba ?
Sous Bokassa, François Bozizé accède à des grades supérieurs. Il participe, aux côtés du général Mayomokala, à la répression des manifestations de lycéens à Bangui du 15 au 20 janvier 1979. Le bilan humain est débattu : Radio Ndeke Luka évoque plusieurs dizaines de morts, d’autres sources retiennent une dizaine de victimes parmi les élèves. Ces journées sont commémorées en Centrafrique sous le nom de Journée des martyrs, le 18 janvier de chaque année.
Après la chute de Bokassa lors de l’opération française Barracuda, le 20 septembre 1979, le président David Dacko le nomme ministre de la Défense, poste qu’il occupe de 1979 à 1981. Lorsqu’André Kolingba s’empare du pouvoir en septembre 1981, François Bozizé devient ministre de l’Information, de 1981 à 1982.
La tentative de coup d’État de 1982 et les années d’exil
Le 3 mars 1982, François Bozizé prend part à une tentative de coup d’État contre André Kolingba, aux côtés d’Ange-Félix Patassé. Il annonce lui-même le changement de pouvoir sur Radio Bangui, mais l’opération échoue et il prend la fuite avec une centaine de soldats.
C’est au Bénin qu’il se rapproche de l’Église du christianisme céleste, durant les années 1980. En juillet 1989, il est arrêté à Cotonou, emprisonné, puis extradé et jugé en Centrafrique. Il est acquitté le 24 septembre 1991 et libéré le 1er décembre 1991.
Comment Bozizé est-il arrivé au pouvoir en 2003 ?
De retour dans la vie politique après son acquittement, François Bozizé se présente à la présidentielle de 1993, sans succès. Ange-Félix Patassé, élu la même année, lui confie le poste d’inspecteur général, puis celui de chef d’état-major général de l’armée. En 1996-1997, il contribue, avec un appui militaire français, au rétablissement du calme après les mutineries.
En mai 2001, une tentative de coup d’État est menée contre Patassé, qui soupçonne Bozizé d’y avoir pris part et le limoge en octobre 2001. Bozizé se réfugie au Tchad, d’où il organise un mouvement armé qui conduit des incursions en territoire centrafricain. En octobre 2002, une première tentative de renversement échoue, Patassé ayant bénéficié du soutien de troupes libyennes et du Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba.
Le 15 mars 2003, les forces de Bozizé entrent dans Bangui pendant que Patassé est en visite au Niger. Bozizé prend le palais présidentiel et s’empare du pouvoir.
La présidence Bozizé (2003-2013) et sa chute
François Bozizé préside la Centrafrique pendant dix ans. Il est élu au second tour de la présidentielle de mars-mai 2005, puis réélu dès le premier tour en janvier 2011. Ses Premiers ministres successifs sont Abel Goumba, Célestin Gaombalet, Élie Doté, Faustin-Archange Touadéra et Nicolas Tiangaye ; Goumba occupe également le poste de vice-président de 2003 à 2005.
En décembre 2012, la coalition rebelle Séléka prend les armes, reprochant au gouvernement de n’avoir pas respecté les accords de paix issus de la guerre du Bush centrafricain de 2007. Les rebelles avancent rapidement. Le 24 mars 2013, Bozizé fuit Bangui, se réfugie en République démocratique du Congo, puis au Cameroun. Le 29 mai 2013, la République centrafricaine émet un mandat d’arrêt international contre lui.
Les procédures judiciaires et l’exil (2020-2026)
En décembre 2020, François Bozizé est présenté comme la figure de proue de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), alliance de groupes armés formée à l’approche de l’élection présidentielle.
Le 21 septembre 2023, la cour d’appel de Bangui le condamne par contumace à des travaux forcés à perpétuité pour « complot » et « rébellion », en raison de son rôle au sein de la CPC. Il vit alors en exil : au Tchad d’abord, puis en Guinée-Bissau depuis mars 2023.
Une seconde procédure, dite affaire Bossembélé, s’est ouverte à Bangui en juin 2026 devant la Cour pénale spéciale, juridiction hybride créée pour juger les crimes les plus graves commis en Centrafrique depuis 2003. François Bozizé y est jugé, là encore par contumace, pour crimes contre l’humanité : l’accusation lui reproche une responsabilité hiérarchique dans des exactions qui auraient été commises entre 2009 et 2013 dans une prison civile et un centre d’entraînement militaire situés à Bossembélé, au centre du pays. Trois anciens hauts responsables militaires du régime sont poursuivis à ses côtés : Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, en détention provisoire en Centrafrique.
Aucun verdict n’avait été rendu dans cette affaire à la fin du mois d’août 2026.
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Questions fréquentes
Quel est l’âge de François Bozizé ? Né le 14 octobre 1946, François Bozizé a 79 ans en août 2026.
Où est né François Bozizé ? À Mouila, dans l’actuel Gabon, alors territoire de l’Afrique-Équatoriale française.
Comment François Bozizé a-t-il pris le pouvoir ? Par un coup d’État militaire, le 15 mars 2003, en s’emparant de Bangui pendant l’absence du président Patassé, avant de se légitimer par les élections de 2005 et 2011.
François Bozizé a-t-il été condamné ? Oui. La cour d’appel de Bangui l’a condamné par contumace, le 21 septembre 2023, à des travaux forcés à perpétuité pour « complot » et « rébellion », en raison de son rôle au sein de la Coalition des patriotes pour le changement.
Qu’est-ce que le procès Bossembélé ? Une seconde procédure, ouverte à Bangui en juin 2026 devant la Cour pénale spéciale, dans laquelle François Bozizé est jugé par contumace pour crimes contre l’humanité, à raison d’exactions qui auraient été commises entre 2009 et 2013 à Bossembélé. Aucun verdict n’avait été rendu fin août 2026.
Où vit François Bozizé ? En exil en Guinée-Bissau depuis mars 2023, après un premier exil au Tchad.
Qu’est-ce que la Journée des martyrs en Centrafrique ? Une commémoration nationale du 18 janvier, en mémoire des lycéens tués lors de la répression des manifestations de janvier 1979 à Bangui, à laquelle François Bozizé avait participé comme officier.