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Justice : ouverture en juin du procès de l’ancien président centrafricain François Bozizé

Justice : ouverture en juin du procès de l’ancien président centrafricain François Bozizé

Le procès de l’ancien chef d’État centrafricain pour des crimes graves s’ouvre prochainement, dans une affaire emblématique des violences qui ont marqué le pays.

La Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé l’ouverture, le 16 juin 2026, du procès de François Bozizé, poursuivi pour crimes contre l’humanité. Les faits concernent des exactions commises entre 2009 et 2013 à Bossembélé, notamment des actes de torture et des exécutions imputés à sa garde présidentielle.

Une procédure visant plusieurs responsables militaires

L’affaire dite «de Bossembélé» implique également trois anciens cadres des forces armées dont Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy. Contrairement à François Bozizé, ces derniers sont déjà en détention préventive et devraient comparaître devant la Cour.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis avril 2024, l’ancien président vit en exil en Guinée-Bissau. Il dispose d’un délai pour se présenter devant la justice, faute de quoi le procès pourrait se tenir par contumace.

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Une juridiction hybride face à ses limites

Créée en 2018, la Cour pénale spéciale est chargée de juger les crimes internationaux commis depuis 2003 en République centrafricaine. Elle associe magistrats nationaux et internationaux dans le but de lutter contre l’impunité.

Cependant, la Cour ne dispose pas de forces de police propres et dépend de la coopération des États pour exécuter ses mandats, ce qui complique l’arrestation de certains suspects, notamment ceux en exil.

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Ce procès, le sixième de la CPS, est perçu comme un test majeur pour la crédibilité de cette juridiction. Il intervient dans un pays marqué par des décennies de crises politico-militaires et où de nombreuses victimes attendent toujours justice.

La question d’un jugement en l’absence de François Bozizé soulève néanmoins des enjeux juridiques, notamment en matière de droits de la défense et de portée symbolique du verdict.

Entre justice et enjeux politiques

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire met en lumière les défis politiques liés à la poursuite d’anciens dirigeants. L’absence de mécanisme contraignant d’extradition et le manque de coopération de certains États compliquent l’action des juridictions hybrides.

Lire : RD Congo : plus de 40 milliards de dollars réclamés au procès de Kabila par les parties civiles

La Cour pénale spéciale rappelle toutefois le principe fondamental de la présomption d’innocence et insiste sur la nécessité pour les accusés de comparaître afin de garantir un procès équitable.

Dans un contexte où l’impunité des élites reste une problématique majeure, ce procès pourrait constituer un tournant dans la lutte contre les crimes d’État en Afrique centrale.

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