Les pluies diluviennes qui s’abattent sur Abidjan depuis le week-end ont provoqué de nouvelles pertes humaines et d’importants dégâts matériels dans plusieurs communes de la capitale économique ivoirienne.
Les autorités évoquent un bilan de plus d’une dizaine de morts, tandis que l’opposition avance un nombre de victimes encore plus élevé. Dans un message publié lundi sur les réseaux sociaux, la ministre de la Cohésion nationale, Myss Belmonde Dogo, a indiqué que les intempéries enregistrées depuis la nuit du 27 juin ont déjà causé la mort de plus de dix personnes. Les précipitations, qui se poursuivent, ont également entraîné des inondations dans plusieurs quartiers de la métropole.
Un bilan qui continue de s’alourdir
Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation de l’ancien président Laurent Gbagbo, présente un bilan plus lourd. Dans un communiqué, le parti affirme que les pluies tombées entre dimanche et lundi ont fait au moins dix-huit morts et provoqué l’inondation de plusieurs dizaines d’habitations.
Tout en précisant qu’il s’agit d’un bilan provisoire, le PPA-CI appelle les autorités à assurer une prise en charge rapide des populations sinistrées et à renforcer les politiques de prévention face aux risques d’inondation.
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Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des rues entièrement submergées, des véhicules immobilisés et des habitants contraints de quitter leurs habitations après la montée des eaux.
Des catastrophes devenues récurrentes
Chaque saison des pluies rappelle la vulnérabilité d’Abidjan face aux inondations. Entre la fin du mois de mai et le mois de juillet, les fortes précipitations provoquent régulièrement des glissements de terrain et des effondrements dans les quartiers construits sur des zones à risque.
En mai 2025, un éboulement survenu dans la commune d’Attécoubé avait coûté la vie à six personnes. Un an plus tôt, les intempéries avaient fait vingt-quatre morts en une dizaine de jours dans la capitale économique.
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Face à cette situation, le gouvernement multiplie depuis plusieurs années les opérations de démolition de constructions installées dans des zones inondables, estimant vouloir restaurer l’ordre urbain et limiter les risques. Ces campagnes de déguerpissement restent toutefois vivement contestées par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, qui dénonce des expulsions massives menées sans garanties suffisantes pour les populations concernées.
Avec plus de six millions d’habitants et une urbanisation toujours plus rapide, Abidjan demeure confrontée au défi de concilier croissance urbaine, aménagement du territoire et protection des populations face à des épisodes météorologiques de plus en plus destructeurs.