À l’Assemblée nationale, les débats entre députés ont été marqués par de vifs échanges, tandis qu’à l’extérieur, des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre devant le siège du Parlement.
Porté par le parti Pastef, majoritaire à l’Assemblée, le projet de révision de la Constitution intervient dans un contexte de rivalité politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Le texte prévoit une redistribution des pouvoirs entre le chef de l’État, le Parlement et
le Premier ministre.
Une séance sous haute tension
La plénière a rapidement été perturbée par un incident impliquant un député de l’opposition. Après avoir demandé le report du vote, l’élu a refusé de quitter le pupitre malgré le rejet de sa requête. La situation a dégénéré lorsque plusieurs députés de la majorité ont tenté de le déloger, avant l’intervention des forces de sécurité qui l’ont évacué de l’hémicycle.
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À l’extérieur du bâtiment, plusieurs dizaines de manifestants, principalement issus de l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, ont tenté de se rapprocher de l’Assemblée pour dénoncer la procédure choisie par la majorité.
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Les forces de l’ordre ont dispersé le rassemblement à l’aide de gaz lacrymogènes après des jets de projectiles. Au moins trois personnes ont été interpellées et un important dispositif policier a été déployé autour du Parlement afin de sécuriser les lieux.
Une réforme qui divise la classe politique
Le projet de révision constitutionnelle est défendu par Pastef comme une réforme destinée à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions. Parmi les principales dispositions figurent l’interdiction pour le président de la République de diriger un parti politique ou une coalition, ainsi qu’un renforcement des prérogatives du Premier ministre et de l’Assemblée nationale.
Le texte prévoit notamment que le programme du gouvernement soit désormais élaboré conjointement par le président et le Premier ministre. Il élargit également les pouvoirs de contrôle du Parlement.
L’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent toutefois une réforme conduite sans véritable concertation. Des responsables de la coalition présidentielle estiment, eux aussi, que certaines dispositions risquent d’affaiblir les prérogatives du chef de l’État au profit du président de l’Assemblée nationale.
Si le Parlement adopte définitivement le texte, le président Bassirou Diomaye Faye pourra soit le promulguer, soit décider de le soumettre à référendum, une option réclamée par plusieurs opposants.
Notre Afrik avec AFP