Les autorités africaines chargées de la protection des données personnelles ont adopté à Abidjan un nouveau plan continental visant à renforcer l’indépendance numérique de l’Afrique entre 2026 et 2030.
Cette initiative, portée par le Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAPDP), ambitionne de mieux sécuriser les informations des citoyens africains et de donner au continent une place plus forte dans la gouvernance mondiale du numérique.

Les États africains veulent reprendre le contrôle de leurs données
Réunis dans la capitale économique ivoirienne, les représentants de 24 pays africains ont insisté sur la nécessité de considérer les données numériques comme une question stratégique pour les États.

Les participants estiment que la protection des données personnelles dépasse désormais le simple cadre administratif et touche directement à la sécurité, à l’économie et à la stabilité institutionnelle des pays africains.
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Les responsables du RAPDP souhaitent notamment impliquer davantage les chefs d’État et les gouvernements dans les politiques liées au numérique et à la cybersécurité.
Une réponse aux défis de l’intelligence artificielle
Les experts africains alertent sur les nouveaux risques créés par le développement rapide de l’intelligence artificielle, de la biométrie, des plateformes numériques mondiales et des services financiers digitaux.
Selon eux, plusieurs pays africains disposent encore de moyens limités pour encadrer efficacement ces technologies et protéger les données de leurs populations.
Les discussions d’Abidjan ont également mis en avant les difficultés liées au manque d’harmonisation des lois entre États africains, ce qui réduit l’efficacité des mécanismes de contrôle à l’échelle continentale.
Une nouvelle doctrine numérique africaine en préparation
Le plan adopté prévoit un renforcement des obligations imposées aux administrations publiques et aux entreprises privées concernant la gestion des données personnelles.
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Les structures concernées devront notamment mettre en place des systèmes de conformité plus stricts, avec des mécanismes de contrôle, des évaluations de risques et des responsables dédiés à la protection des données.
Les participants souhaitent également construire une position africaine commune sur les grands débats internationaux liés à l’intelligence artificielle et aux transferts transfrontaliers de données.
À travers cette initiative, l’Afrique affirme sa volonté de bâtir un modèle numérique plus autonome et mieux adapté aux réalités du continent.








