Mali : au moins dix civils tués lors de frappes de drones de l’armée

Mali : au moins dix civils tués lors de frappes de drones de l'armée

Des drones militaires ont visé un cortège de motos dans la région de San, tuant des villageois rassemblés pour un mariage collectif. L’incident survient dans un contexte de grave déstabilisation de la junte au pouvoir.

Dimanche 17 mai, des drones de l’armée malienne ont frappé la localité de Téné, dans la région de San, au centre du pays, tuant au moins dix civils. Les victimes, en grande majorité des jeunes, s’apprêtaient à prendre part à la deuxième édition d’un mariage collectif traditionnel, événement culturel majeur pour cette communauté.

Un mariage transformé en deuil

Selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat, les tirs ont visé un cortège de plusieurs motos. «C’est certainement ce qui a attiré l’attention des drones», a-t-elle précisé à l’Agence France-Presse, faisant état d’au moins neuf morts. Un élu local et un habitant de Téné ont également confirmé une dizaine de décès. «Ce qui était censé être un moment de joie s’est transformé en énorme tristesse», a déploré ce dernier.

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«Dix de nos enfants ont été tués par des tirs dont on ignore la provenance. Un mariage devait avoir lieu. C’est vraiment un deuil.» Habitants et élus de Téné, interrogés par l’AFP

Une junte fragilisée par une crise sécuritaire inédite

Ces frappes s’inscrivent dans un contexte de crise sécuritaire sans précédent. Les 25 et 26 avril, des attaques coordonnées d’envergure ont été menées conjointement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, et la rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces offensives ont profondément ébranlé le régime militaire au pouvoir.

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Depuis lors, l’armée a perdu le contrôle de plusieurs localités dans le nord du pays, dont la ville stratégique de Kidal. Le ministre de la défense, Sadio Camara, figure centrale de la junte, a été tué lors de ces événements. Un blocus routier, mis en place à partir du 30 avril sur plusieurs axes menant vers Bamako, a en outre conduit à l’incendie de véhicules de transport et de marchandises par les groupes armés.

Des civils pris en étau

Les populations civiles maliennes, régulièrement accusées de collaboration avec l’un ou l’autre camp, font face à des représailles tant de la part des forces armées et de leurs alliés russes que des groupes djihadistes. Des attaques revendiquées par le GSIM début mai ont par ailleurs causé des dizaines de morts dans le centre du pays.

Lire : Mali : plus de 30 morts dans deux attaques revendiquées par le JNIM au centre du pays

Sur le plan judiciaire, trois organisations de la société civile, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont déposé plainte le 20 avril devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour des violations présumées impliquant les forces armées maliennes et leurs alliés russes.

Notre Afrik avec AFP

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