Le chef du gouvernement libyen basé à l’ouest, Abdelhamid Dbeibah, a annoncé un remaniement et un élargissement de son équipe ministérielle. L’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité de l’action gouvernementale, selon des communiqués officiels publiés dans la nuit de mercredi à jeudi.
Malgré cette recomposition, le Premier ministre conserve les portefeuilles stratégiques de la Défense et des Affaires étrangères. Le nouvel exécutif s’est réuni en présence de plusieurs figures institutionnelles majeures, notamment Mohamed el-Menfi, président du Conseil présidentiel représentant
les trois grandes régions du pays, ainsi que Mohamed Takala, président du Haut Conseil d’État, organe consultatif assimilé à un Sénat.
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Des tensions régionales en toile de fond
Ces derniers mois, les relations entre Abdelhamid Dbeibah et certains responsables institutionnels s’étaient dégradées, notamment en raison de désaccords sur la répartition des postes entre les principales régions libyennes : la Tripolitaine à l’ouest, la Cyrénaïque à l’est et le Fezzan au sud.
Le remaniement semble toutefois avoir permis de trouver un terrain d’entente. La nomination de Salem Al-Zadma au poste de vice-Premier ministre a contribué à apaiser les tensions. Originaire du Fezzan, ce dernier occupait auparavant la fonction de numéro deux au sein du gouvernement parallèle établi dans l’est du pays.
Une Libye toujours divisée politiquement
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi à l’issue de la Révolution libyenne de 2011, la Libye peine à retrouver une stabilité politique durable. Le pays reste marqué par l’existence de deux autorités rivales : l’exécutif dirigé par Abdelhamid Dbeibah à Tripoli et un gouvernement installé à Benghazi, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar et ses alliés.
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Dans ce contexte, le remaniement est présenté par le gouvernement comme un moyen de «réorganiser l’action de l’exécutif» et d’améliorer «la performance de l’État», selon la plateforme officielle Hakomitna. Sur sa page Facebook, Abdelhamid Dbeibah a également affirmé que l’objectif principal était d’accélérer la fourniture de services publics à la population.
Des secteurs clés concernés par les changements
Au total, près d’une dizaine de ministères sur les 27 que compte le gouvernement ont changé de responsables. Les portefeuilles concernés incluent notamment l’Économie, les Finances, la Santé, les Ressources hydriques, le Logement et l’Éducation, des domaines régulièrement critiqués par les citoyens en raison de dysfonctionnements persistants.
La nouvelle équipe gouvernementale compte par ailleurs une seule femme : Randa Ghareb, nommée ministre de la Femme. Les ministères des Déplacés et des Droits humains, ainsi que celui consacré à l’Intelligence artificielle, ont également été pourvus.
Un remaniement dans un contexte de contestation
Cette recomposition intervient après une période de fortes tensions politiques. En mai 2025, d’importantes manifestations à Tripoli avaient réclamé la démission du Premier ministre et de son gouvernement, accusés de corruption et de ne pas maîtriser la situation sécuritaire après des affrontements entre groupes armés dans la capitale.
Dans la foulée de ces protestations, plusieurs responsables gouvernementaux, dont six ministres et vice-ministres, avaient annoncé leur démission. Si certains ont par la suite repris leurs fonctions, plusieurs portefeuilles restaient vacants.