La suspension avait été annoncée le 17 février par la Haute Autorité de la Communication (HAC). L’organe de régulation
expliquait alors que cette décision visait à empêcher la diffusion de contenus susceptibles de menacer la stabilité des institutions et la sécurité nationale.
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Une coupure inédite par son ampleur
Selon l’ancien Premier ministre, cette mesure se distingue par sa durée et par son caractère généralisé. Il estime qu’elle revient à infliger une forme de sanction collective à l’ensemble de la population gabonaise.
Des critiques au nom de l’État de droit
Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, la coupure généralisée des réseaux sociaux constitue une mesure sans précédent au Gabon. L’opposant estime qu’aucun texte ne donne au gouvernement ni à la HAC le pouvoir d’imposer une telle restriction pour une durée indéterminée.
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Dans un communiqué annonçant sa requête en référé devant le tribunal de première instance de Libreville, il a également dénoncé une décision qu’il juge disproportionnée et préjudiciable tant pour les citoyens que pour l’économie nationale.
Par ailleurs, quatre autres Gabonais ont saisi la Cour constitutionnelle du Gabon la semaine précédente. Ils considèrent cette mesure comme une atteinte aux libertés publiques et estiment qu’il aurait été préférable de cibler les auteurs de contenus illégaux plutôt que de pénaliser l’ensemble de la population.
Le recours massif aux VPN
Malgré ces restrictions, de nombreux internautes continuent d’accéder aux plateformes bloquées grâce à des réseaux privés virtuels (VPN). Le fournisseur Proton a d’ailleurs signalé une forte augmentation des téléchargements de son service VPN au Gabon dès le 18 février, premier jour de la coupure effective.
De son côté, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, affirme que l’objectif des autorités est de préserver un espace numérique plus sécurisé et respectueux des règles. L’institution travaille désormais à assurer l’application complète de la suspension, y compris en s’attaquant à l’utilisation des VPN, même si leur interdiction totale reste techniquement difficile.
Vers une nouvelle régulation des réseaux sociaux
Parallèlement, le gouvernement a engagé des discussions avec le groupe Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, ainsi qu’avec l’application chinoise TikTok afin d’améliorer la modération des contenus diffusés au Gabon.
Les autorités ont également annoncé la préparation d’une ordonnance destinée à encadrer l’usage des réseaux sociaux. Ce texte devrait notamment préciser les mécanismes de réaction publique et judiciaire face aux publications numériques susceptibles de provoquer des troubles graves. Le porte-parole de la présidence, Théophane Zamé-Nze Biyoghe, a assuré que la mesure actuelle n’était que temporaire et visait avant tout à permettre la mise en place d’une meilleure régulation.
Notre Afrik avec AFP