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Ebola en RDC : 2 003 cas et 796 morts en deux mois

Ebola en RDC : 2 003 cas et 796 morts en deux mois

Deux mois après sa déclaration officielle le 15 mai 2026, l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo totalise plus de 2 000 cas confirmés et près de 800 décès. « Elle s’est propagée plus rapidement que toutes les épidémies précédentes », a alerté le 16 juillet le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Causée par le virus Bundibugyo, contre lequel n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique, cette 17e flambée que connaît le pays depuis 1976 est désormais la troisième plus importante jamais enregistrée.

Une accélération vertigineuse

Les chiffres disent l’emballement : en moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, passant d’environ 650 à près de 2 000 au 12 juillet, tandis que les décès étaient multipliés par plus de cinq, de 130 à plus de 700. Au 16 juillet, l’OMS recensait 2 003 cas et 796 décès — un taux de létalité qui frôle les 40 %. L’épicentre reste la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, où se concentre la « plus grande préoccupation » de l’organisation. En Ouganda voisin, la situation est pour l’heure contenue : une vingtaine de cas et deux décès, sans nouveau cas signalé depuis le 30 juin. Un cas isolé, guéri, a été enregistré en France chez un médecin de retour.

Une transmission qui échappe à la surveillance

Le signal le plus alarmant tient à la nature de la propagation. Selon le Dr Tedros, plus de 80 % des nouveaux cas en Ituri sont détectés en dehors des listes de contacts connus — preuve que des chaînes de transmission continuent d’échapper à la surveillance épidémiologique. Plus grave encore : environ deux tiers des décès surviennent au sein des communautés, chez des personnes qui n’ont jamais été prises en charge dans un établissement de santé. Ce double constat — cas invisibles et morts à domicile — complique radicalement la riposte, car il signifie que l’épidémie circule sous le radar des équipes sanitaires. L’INSP congolais a d’ailleurs étendu le 11 juillet la zone épidémique à deux nouvelles provinces (Haut-Uélé et Tshopo), portant le total à cinq.

Une riposte entravée par le terrain et les moyens

Trois facteurs aggravent la crise. D’abord l’absence de vaccin éprouvé contre le variant Bundibugyo, différent des souches pour lesquelles des vaccins existent. Ensuite l’insécurité : l’Ituri est le théâtre d’affrontements impliquant des dizaines de groupes armés, ce qui entrave l’accès des soignants et la recherche des contacts. Enfin les moyens : au moment où les CDC américains déclenchaient leur niveau d’alerte maximal, le personnel de certains centres de traitement d’Ituri n’avait pas été payé depuis deux mois. MSF appelle à un renforcement urgent de la réponse internationale, jugeant les efforts « insuffisants ». L’OMS note toutefois quelques progrès : plus de 800 lits de prise en charge, 60 laboratoires installés et une capacité de dépistage dépassant 2 000 tests par jour.

Le spectre d’un scénario catastrophe

L’OMS a classé la flambée « urgence de santé publique de portée internationale » dès le 17 mai. Un essai clinique, EBO-PEP, a été lancé par l’INRB de Kinshasa avec l’Inserm et l’ONG ALIMA pour évaluer une prophylaxie post-exposition — une lueur d’espoir thérapeutique. Mais l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être sous-estimée, avertit l’OMS, en raison de la mobilité des populations, de la fragilité du système de santé et des difficultés d’accès liées aux conflits. Dans le pire des scénarios et sans intervention massive, les CDC ont estimé que l’épidémie pourrait atteindre au moins 20 000 cas, et la Croix-Rouge prévient qu’elle n’a pas encore atteint son pic et pourrait durer un an. La fenêtre pour l’endiguer se referme, et elle dépendra autant de la sécurité et du financement que de la médecine.

Cet article aborde une épidémie meurtrière en cours. Pour toute information sanitaire fiable et actualisée, l’OMS et les autorités de santé nationales restent les sources de référence.

Sources : OMS/AFP (16 juillet 2026), MSF via Actualité.cd (15 juillet 2026), Africa Center for Strategic Studies (juillet 2026), La Presse/WSWS (16-17 juillet 2026), INSP RDC.

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