La maison-mère du groupe BGFIBank, lancera le 31 juillet 2025, une offre publique de vente (OPV) sur 1 573 536 actions, représentant 10 % de son capital.
Le prix unitaire fixé à 80 000 FCFA place cette IPO parmi les plus onéreuses de la région, juste derrière celle de Bange Bank en 2022 (206 220 FCFA par action). En fixant un tel niveau d’entrée, BHC affirme son positionnement institutionnel solide, mais soulève dans le même temps des interrogations sur la réelle accessibilité de l’opération au grand public. En effet, dans un espace financier régional encore peu mature, où la culture boursière reste embryonnaire, cette valorisation pourrait dissuader les petits épargnants.

Un signal pour le marché, mais un défi d’inclusion
Cette opération, saluée comme un signe de dynamisme pour la BVMAC, remet au goût du jour une problématique récurrente : la faible accessibilité des titres pour les investisseurs individuels. La cherté des actions limite de facto l’implication des populations non initiées, malgré la volonté affichée des autorités de démocratiser l’investissement.
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Pour répondre à ce déficit d’accessibilité, la BVMAC planche depuis plusieurs années sur la mise en œuvre du fractionnement des titres. Cette technique consiste à diviser la valeur unitaire d’une action en augmentant le nombre total d’actions disponibles, sans changer la valeur globale de l’entreprise. L’objectif est double : fluidifier les échanges et attirer une base plus large d’investisseurs. « Une entreprise qui dispose de 1 000 actions à 2 500 FCFA peut décider d’opérer un fractionnement par cinq, ce qui donne 5 000 actions à 500 FCFA », explique Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC.
Une ambition de démocratisation du marché financier
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus vaste visant à élargir l’assiette des actionnaires dans la sous-région. Actuellement, on estime à 10 000 le nombre de comptes-titres ouverts à la BVMAC, un chiffre que la Bourse ambitionne de multiplier. Des leaders communautaires, comme la présidente de l’association des femmes Bayam Sellam du Cameroun, ont exprimé leur intérêt pour la Bourse, conditionnant toutefois la participation de leurs membres, près de 3 millions de femmes, à la mise en place effective du fractionnement.
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En définitive, si l’introduction de BGFIBank constitue une avancée stratégique majeure pour la place financière régionale, elle illustre également la nécessité de réformes concrètes pour ouvrir plus largement l’investissement boursier à toutes les couches de la population.








