Réunis le week-end dernier à Freetown en Sierra Leone, les États d’Afrique de l’Ouest ont acté le principe de la mise en place d’une force régionale de 2 000 militaires destinée à contrer l’expansion des groupes jihadistes. L’information, confirmée mardi par des sources diplomatiques et sécuritaires proches de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), marque une nouvelle étape dans la coopération militaire régionale. Baptisée «force en
attente», cette unité sera constituée de contingents maintenus dans leurs pays respectifs, mais prêts à être déployés rapidement en cas de nécessité.
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Une menace persistante au cœur du Sahel
L’idée d’une telle force circule depuis plusieurs années au sein des douze États membres de l’organisation régionale, confrontés à la montée en puissance de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
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Selon le dernier indice mondial du terrorisme, le Sahel est désormais considéré comme l’épicentre mondial des violences terroristes. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, en proie à des insurrections jihadistes récurrentes, concentrent l’essentiel des attaques. Ces trois pays, qui ont quitté la Cedeao, ne sont donc pas directement concernés par la nouvelle initiative. Toutefois, la menace ne se limite plus au Sahel. Les groupes armés progressent vers les États côtiers comme le Togo et le Bénin, accentuant l’inquiétude des dirigeants ouest-africains.
Une décision entérinée à Freetown
Un haut responsable militaire nigérian, cité par l’AFP, a indiqué que les contours opérationnels de la force avaient été définis. «Plusieurs pays ont déjà annoncé leurs contributions. Dans un premier temps, environ 2 000 soldats seront mobilisés pour faire face au terrorisme et à l’insécurité régionale», a-t-il précisé. Le Nigéria, poids lourd démographique et militaire de la Cedeao, devrait jouer un rôle central dans le dispositif.
Un contexte sécuritaire jugé préoccupant
Les discussions ont également mis en lumière une dégradation du climat sécuritaire régional. Outre la menace terroriste, les responsables militaires ont évoqué l’essor de la criminalité transnationale organisée et les défis liés à la sécurité maritime. Selon une source proche des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la vigilance afin d’éviter toute déstabilisation institutionnelle dans les États membres.
La future force disposera d’une base logistique en Sierra Leone, tandis que les troupes resteront stationnées dans leurs pays d’origine en attendant un éventuel déploiement. La question du financement demeure toutefois en discussion. À ce stade, la Cedeao n’a pas publié de communiqué officiel sur cette décision.
Notre Afrik avec AFP