Cameroun : quatre ONG interdites d’exercer

Ces organisations sont soupçonnées de liens avec des pratiques telles que le « blanchiment de capitaux » et le « financement du terrorisme », selon les autorités. 

Les autorités camerounaises ont annoncé l’interdiction des activités de cinq organisations non gouvernementales (ONG), accusées de « financements illicites ». Le MINAT soupçonne ces ONG d’entretenir des liens avec des pratiques telles que le « blanchiment de capitaux » et le « financement du terrorisme ». Le décret qui interdit leurs activités a été rendu public vendredi par le ministère de l’Administration territoriale. Il concerne deux membres du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), la L. M. Nanje Foundation Inc., Reach Out Cameroon, et l’Association charitable socioculturelle du Cameroun.

Cameroun : quatre ONG interdites d'exercer
Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Redhac

De plus, le ministre Paul Atanga Nji accuse ces ONG de s’impliquer, de manière active ou passive, dans des activités répréhensibles. Il a évoqué des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. En effet, il estime que ces cinq organisations, établies au Cameroun depuis deux ans, auraient perçu près de 16 milliards de francs CFA (environ 24,4 millions d’euros), des fonds qui ne correspondraient pas aux activités qu’elles mènent sur le terrain, d’après la Crtv, la chaîne de télévision publique.

Réactions et contestations

La décision a suscité des réactions des accusés. A cet effet, Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Redhac, a exprimé son mécontentement sur Facebook : « on ne se laissera pas faire » a-t-elle déclaré.

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De son côté, l’opposant Maurice Kamto juge ces accusations « graves » et « perplexes ». Sur Facebook, Il a appelé les Camerounais à se mobiliser contre ce qu’il considère comme une « dictature » qui dure depuis trop longtemps.

Un climat de répression et de durcissement du pouvoir

Le Redhac est une organisation qui critique régulièrement les actions répressives du gouvernement camerounais. Elle a récemment dénoncé des actes de violence policière, comme l’agression de l’avocat Me Tamfu et les brutalités contre le chanteur camerounais Longue Longue. En fin novembre, l’ONG a présenté un rapport à Douala sur les défis rencontrés par les jeunes filles et les femmes défenseuses des droits humains.

Lire : Guinée : les militaires au pouvoir interrompent la « délivrance des agréments » aux ONG et associations

Sous la présidence de Paul Biya, qui a récemment célébré ses 42 ans de pouvoir, le climat politique au Cameroun s’est durci, notamment après l’élection contestée de 2018. Les défenseurs des droits humains pointent une répression sévère de toute forme de contestation, marquée par des arrestations et des condamnations. Le président, âgé de 91 ans, n’a pas encore exprimé de position sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2025.

Notre Afrik avec AFP

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