Violences en Afrique du Sud : le Mozambique annonce plusieurs décès

Violences en Afrique du Sud : le Mozambique annonce plusieurs décès

Les autorités mozambicaines ont annoncé la mort de plusieurs de leurs ressortissants lors des récentes violences à caractère xénophobe survenues en Afrique du Sud.

Cette déclaration fait du Mozambique le premier pays étranger à signaler officiellement des décès liés à la nouvelle vague de tensions visant des migrants africains. Selon Maputo, plusieurs centaines de Mozambicains ont été affectés par les incidents survenus dans la ville de Mossel Bay, située dans la province du Cap-Occidental.

Le gouvernement affirme que cinq de ses citoyens ont été tués lors d’agressions, tandis que deux autres ont trouvé la mort dans un accident alors qu’ils tentaient de regagner leur pays.

Des chiffres contestés par la police sud-africaine

Les autorités sud-africaines présentent toutefois un bilan différent. La police du Cap-Occidental reconnaît la mort de deux ressortissants mozambicains dans un quartier précaire de Mossel Bay, mais affirme ne disposer d’aucun élément permettant de confirmer le chiffre avancé par le gouvernement mozambicain.

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Cette divergence intervient alors que les enquêtes se poursuivent pour établir les circonstances exactes des décès et déterminer leur lien éventuel avec les violences signalées dans la région.

De son côté, le maire de Mossel Bay a condamné les incidents, évoquant des actes ayant provoqué des pertes en vies humaines, des destructions de logements et le déplacement de nombreuses familles.

Des centaines de personnes contraintes de fuir

Face à la montée des tensions, plusieurs centaines de Mozambicains ont quitté l’Afrique du Sud ces derniers jours. D’après les autorités de Maputo, environ 300 personnes sont déjà rentrées dans leur pays par leurs propres moyens.

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Plus de 500 autres ressortissants auraient trouvé refuge dans des zones sécurisées du Cap-Occidental en attendant leur rapatriement progressif. Le Ghana a également organisé récemment le retour de plusieurs centaines de ses citoyens vivant en Afrique du Sud, illustrant l’inquiétude croissante de certains États africains face à la situation.

Une rhétorique antimigrants de plus en plus visible

Les violences surviennent dans un contexte marqué par la multiplication des discours hostiles aux immigrés. Plusieurs mouvements et organisations militent ouvertement pour un renforcement des expulsions des étrangers en situation irrégulière.

Lire : Afrique du Sud : Accra va évacuer 300 ressortissants après des incidents xénophobes

Parmi eux figure le mouvement March and March, qui a fixé un ultimatum réclamant le départ des migrants sans papiers avant la fin du mois de juin. Bien que cette initiative ne bénéficie d’aucun soutien officiel, elle suscite des préoccupations quant à un possible regain de tensions dans certaines localités. Les autorités mozambicaines estiment d’ailleurs que la situation demeure fragile et pourrait se détériorer davantage dans les semaines à venir.

Un phénomène récurrent en Afrique du Sud

Première puissance industrielle du continent, l’Afrique du Sud attire depuis plusieurs décennies des travailleurs venus de nombreux pays africains. Cependant, le chômage élevé et les difficultés économiques alimentent régulièrement des tensions autour de la question migratoire.

Les étrangers sont souvent accusés d’occuper des emplois ou de concurrencer les populations locales, un discours qui trouve un écho dans certains débats politiques, notamment à l’approche des élections locales prévues en novembre.

Le pays a déjà connu plusieurs épisodes de violences xénophobes au cours des vingt dernières années. Les émeutes de 2008 avaient fait plus de soixante morts et déplacé des milliers de personnes. D’autres vagues d’attaques contre des migrants avaient ensuite été enregistrées en 2015, 2016 puis en 2019, rappelant la persistance de ce phénomène dans la société sud-africaine.

Notre Afrik avec AFP

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