Le Premier ministre soupçonne le régime de Macky Sall d’avoir trafiqué les chiffres des finances publiques.
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a déclaré ce jeudi qu’il lancerait des enquêtes sur ce qu’il qualifie de « corruption généralisée » sous l’ancien régime en place avant avril 2024. Il a accusé les autorités précédentes d’avoir manipulé les données des finances publiques. Selon lui, la « politique d’endettement effrénée » menée sous le président Macky Sall aurait favorisé une gestion opaque des ressources, facilitant ainsi la corruption.
Devant la presse, Ousmane Sonko a dénoncé une méthode délibérée de détournement de fonds publics, accusant les autorités précédentes d’avoir falsifié les chiffres de la dette, notamment vis-à-vis des partenaires internationaux. « Le régime de Macky Sall a trompé le peuple et les partenaires internationaux, présentant une image économique fausse », a-t-il affirmé.

Ousmane Sonko a exigé que les anciens responsables, y compris les ministres des Finances et l’ancien président Macky Sall, rendent des comptes sur la situation actuelle du pays. Il a souligné que ces personnes devront expliquer comment elles ont pu plonger le Sénégal dans une telle crise financière. Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, présent lors de la conférence de presse, a affirmé que les soupçons de manipulation pourraient revêtir une dimension pénale, et que les autorités judiciaires compétentes allaient examiner ces accusations.
L’état des finances publiques dévoilé
Le ministre de l’Économie, Aboudrahmane Sarr, a révélé que le déficit budgétaire moyen, annoncé à 5,5 % du PIB entre 2019 et 2023, était en réalité de 10,4 %. Quant à la dette publique, elle a été sous-estimée à 65,9 % du PIB, alors qu’elle s’élevait à 76,3 %. Le gouvernement actuel vise à ramener la dette sous les 70 % du PIB et à réduire le déficit budgétaire à 3 % dans un délai raisonnable.
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Aboudrahmane Sarr a également évoqué des réformes visant à élargir l’assiette fiscale, rationaliser les dépenses et formaliser l’économie sénégalaise. Le gouvernement a cherché à rassurer sur l’impact de ces mesures, tout en préservant la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.
Notre Afrik avec AFP
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