Pour la campagne de commercialisation 2025, l’État a décidé d’introduire un ensemble de mesures stratégiques destinées à stimuler la transformation locale et à renforcer la compétitivité des industriels.
C’est l’une des grandes nouveautés de cette campagne. Une taxe de 32 FCFA/kg est désormais appliquée sur l’exportation des noix de cajou brutes. Bien qu’inférieure aux 52 FCFA/kg réclamés par les transformateurs, cette taxe est accueillie positivement par les acteurs locaux. Son objectif : mobiliser des ressources pour soutenir la transformation locale dans un pays où plus de 95 % de la production annuelle (65 000 à 75 000 tonnes) est destinée à l’exportation.

Ce choix diffère d’autres approches en Afrique de l’Ouest, comme au Bénin, où l’exportation de noix brutes a été tout simplement interdite pour favoriser l’approvisionnement des unités locales, notamment celles de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
Une prime à l’exportation des amandes transformées
Autre levier important, le versement d’une prime de 150 FCFA/kg pour chaque kilogramme d’amande exportée. Ce système de subvention directe, déjà mis en œuvre avec succès en Côte d’Ivoire depuis 2017, vise à booster la transformation locale et attirer de nouveaux investisseurs dans la filière.
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« Grâce à ces mesures, nous comptons améliorer notre compétitivité, générer plus de valeur ajoutée dans la chaîne de l’anacarde et participer activement à l’économie nationale. L’objectif est de transformer 10 à 20 % de la production locale », souligne Abdoulaye Ndiaye, RAF de la Société d’Exploitation des Produits du Terroir (SEPT) à Sokone (région de Fatick).
Malgré les débats sur le coût et la durabilité de ce soutien public, l’expérience ivoirienne montre que ce type de dispositif peut jouer un rôle clé dans la résistance face à des concurrents asiatiques comme le Vietnam.
Un stock tampon de 6 000 tonnes pour les transformateurs
L’État prévoit de mettre à disposition un stock stratégique de 6 000 tonnes de noix brutes pour sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles, souvent en difficulté face à la flambée des prix et la forte demande à l’export.
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Aujourd’hui, le prix bord-champ oscille entre 625 et 675 FCFA/kg, et peut grimper jusqu’à 725 FCFA/kg sur les marchés. Pour Abdoulaye Ndiaye, cette hausse compromet la rentabilité des transformateurs : « Il serait avantageux que ces stocks soient accessibles aux PME à des conditions préférentielles, notamment si l’État peut subventionner les frais d’entreposage et d’analyse qualité. »








