Selon le dirigeant du Fonds souverain d’investissements stratégiques, le capital-investissement offre une alternative aux prêts bancaires, sans garanties ni intérêts, l’investisseur partageant risques et bénéfices.
Dans le cadre de la Vision Sénégal 2050, le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) a lancé quatre fonds de capital-investissement et conclu douze accords avec des PME sénégalaises, avec pour objectif d’accélérer la mutation structurelle de l’économie.
85 milliards FCFA dédiés aux entreprises sénégalaises
Face au Collectif des journalistes économiques (Cojes), le directeur général de l’institution publique, Babacar Gningue, a présenté vendredi 31 janvier à Dakar son programme d’investissements. Quatre fonds, exclusivement réservés aux entreprises locales, ont été constitués pour un montant global de 85 milliards de FCFA, une enveloppe appelée à doubler sur les cinq prochaines années.

Selon le responsable, le capital-investissement représente une alternative stratégique aux financements bancaires classiques. «Il ne repose ni sur des garanties, ni sur des intérêts, ni sur un échéancier de remboursement. «L’investisseur entre au capital de l’entreprise et partage les risques comme les gains», a-t-il expliqué.
Un partenariat étroit avec le secteur privé
Le Fonsis affirme privilégier des montages financiers reposant sur des partenariats public-privé, excluant le recours exclusif à la dette publique. Tous les projets intègrent un contenu local obligatoire, incluant le transfert de compétences, l’implication de cadres sénégalais et des mécanismes de reprise progressive par des acteurs nationaux.
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Le portefeuille d’investissements du Fonds devrait générer entre 5 000 et 10 000 emplois directs et transformer durablement plusieurs secteurs clés. Les projets visent notamment à élargir l’accès à l’eau potable pour quatre millions de personnes d’ici 2030 et onze millions à l’horizon 2050, à irriguer jusqu’à 15 000 hectares de terres agricoles et à faciliter l’accès à la propriété pour 20 000 ménages via des mécanismes de location-vente.
Santé, agriculture et logement en première ligne
Dans le domaine sanitaire, 2 500 lits hospitaliers ont déjà été livrés, tandis que 10 000 autres sont en cours de réalisation. Cinq projets d’hôpitaux régionaux de 300 lits chacun sont également en phase de structuration. Le Fonsis ambitionne par ailleurs d’accroître fortement la production halieutique issue de l’aquaculture et de contribuer à l’autosuffisance nationale en maïs, avec un objectif annuel de 15 000 tonnes.
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L’événement a été marqué par la signature de douze conventions d’investissement entre les fonds du Fonsis et des PME sénégalaises. Le WE! Fund a scellé des partenariats avec cinq entreprises, tandis que le Fonds islamique de relance a conclu des accords avec sept PME, pour un financement global de 2,1 milliards de FCFA. Les secteurs concernés vont de la santé au BTP, en passant par l’agroalimentaire et le textile.
Vers une meilleure structuration de la filière aurifère
Parmi les projets stratégiques figure la création d’un comptoir national de l’or, développé en collaboration avec la Société des mines du Sénégal (Somisen SA). L’initiative vise à encadrer l’orpaillage artisanal, sécuriser l’approvisionnement national, encourager la transformation locale et limiter les impacts environnementaux.
Pour soutenir l’essor du capital-investissement, le Fonsis appelle à des ajustements fiscaux, notamment afin d’éviter la double imposition. Des discussions sont en cours avec l’État pour adapter le cadre réglementaire, en particulier sur la location-vente, aujourd’hui soumise à une fiscalité jugée pénalisante.








