La Banque centrale du Congo (BCC) a officialisé le lancement d’un mécanisme d’achat régulier d’une partie de l’or produit artisanalement en République démocratique du Congo. Cette initiative marque un tournant dans la politique monétaire nationale, en intégrant pleinement le métal précieux dans la stratégie de renforcement des réserves du pays. Pour mettre en œuvre cette orientation, la BCC s’appuie sur DRC Gold Trading SA, une société publique créée
en 2022 sur les bases de l’ancienne structure émiratie Primera Gold.
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
Corriger un déséquilibre historique
Selon les responsables de la Banque centrale, l’objectif est de remédier à une situation paradoxale : celle d’un grand pays producteur d’or ne disposant pas de réserves physiques significatives dans ses coffres. Le gouverneur André Wameso a expliqué que l’institution entend devenir l’acheteur principal de l’or extrait par les artisans miniers, via DRC Gold Trading. L’ambition affichée est claire : sécuriser une partie de la production nationale afin de consolider les avoirs extérieurs et renforcer la souveraineté monétaire.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Même si les modalités précises du dispositif restent à détailler, le recours au franc congolais (CDF) pour les transactions est fortement envisagé. Une telle option permettrait de convertir l’or en réserves stratégiques tout en réduisant la dépendance aux devises étrangères.
Un défi financier de taille
La concrétisation de ce programme nécessitera cependant des moyens considérables. DRC Gold Trading vise à canaliser jusqu’à 15 tonnes d’or par an. Or, la production artisanale officiellement déclarée n’atteignait que 2,5 tonnes en 2025, ce qui implique une augmentation substantielle des volumes captés.
Sur le plan financier, l’opération représente un effort majeur. Au cours actuel de l’or, environ 5 050 dollars l’once, l’acquisition de 15 tonnes pourrait mobiliser près de 2,4 milliards de dollars, soit environ 7 000 milliards de francs congolais. Un tel montant correspond à près d’un tiers du budget national prévu pour 2026. L’impact d’une telle injection sur la masse monétaire et sur l’inflation devra donc être suivi avec attention.
Transparence et attractivité, clés du succès
Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la simple accumulation d’or. La réussite de cette réforme dépendra de la capacité de la BCC à garantir des paiements rapides et attractifs en monnaie locale, tout en assurant une traçabilité conforme aux standards internationaux, notamment ceux de l’OCDE.
Si ces conditions sont réunies, la République démocratique du Congo pourrait transformer son potentiel aurifère en véritable levier de stabilité financière et affirmer davantage sa souveraineté économique.