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Permis miniers au Gabon : 52 titres retirés après audit

Train du Transgabonais chargé de minerai, symbole des permis miniers au Gabon que l'État reprend après audit

Le ministère gabonais des Mines a retiré 52 permis miniers à leurs titulaires au Gabon, dont 41 permis de recherche et 11 permis d’exploitation, au terme d’un audit mené du 29 juin au 16 octobre 2026. Annoncée le 19 octobre 2026, la mesure fait retourner ces titres dans le domaine public de l’État. Reste à savoir ce que l’État va en faire.

Permis miniers au Gabon : ce que dit le communiqué

La décision a pris la forme d’un communiqué de presse n° 000002/MMRG/CAB-M du ministère des Mines et des Ressources géologiques, dirigé par Sosthène Nguema Nguema. Le motif tient en une formule : des « manquements aux exigences légales et réglementaires encadrant les activités minières au Gabon ». Le ministère prévient que toute activité poursuivie sur les sites concernés exposera les contrevenants à des poursuites judiciaires.

Les permis de recherche se situent dans sept provinces, de l’Ogooué-Ivindo à la Nyanga. Les permis d’exploitation se concentrent dans la Ngounié, l’Ogooué-Lolo, l’Estuaire, le Woleu-Ntem et l’Ogooué-Ivindo. Les annexes du communiqué donnent, pour chaque titre, le titulaire, le numéro, la localité et la province.

Le communiqué ne détaille pas les manquements reprochés à chaque société. Un retrait de permis est une mesure administrative, pas une condamnation : aucun grief individuel n’a été rendu public, et les éventuels recours des titulaires ne sont pas connus.

52 ou 71 titres : un décompte à réconcilier

Le chiffre officiel est de 52 titres. Le journal économique Les Échos de l’Éco, qui a recompté les annexes, arrive pourtant à 71 titres, dont 48 permis de recherche et 23 d’exploitation, répartis entre 46 sociétés. Le média dit avoir écarté un bloc de trois permis imprimé deux fois. Selon ce décompte, l’Ogooué-Ivindo totalise 25 titres, la Ngounié 18 et le Woleu-Ntem 11.

D’autres médias ont publié des listes abrégées : celle de Gabonreview ne compte que quinze sociétés. D’où des titres de presse parlant d’« une quinzaine » de permis, qui sous-estiment nettement la mesure. Une même société pouvant détenir plusieurs titres, le nombre de permis et celui des titulaires ne coïncident pas. Le ministère n’a pas publié d’explication de l’écart entre ses 52 titres et les 71 lignes relevées.

Une reprise en main engagée en juin

La décision clôt une séquence ouverte le 22 juin 2026, quand le ministère a suspendu toutes les activités aurifères en petite mine. L’audit s’appuie sur la loi n° 037/2018 portant Code minier et sur le décret n° 0098/PR/MMG du 3 juin 2023, consacré aux activités aurifères.

Ce décret donne le cadre. Son article 51 permet de retirer un titre aurifère pour exploitation illégale, vente hors des acheteurs agréés, absence de registre de production, fausses déclarations, violation des obligations environnementales ou détention d’or sans justificatif de traçabilité. Son article 12 impose de déclarer la production chaque mois, au plus tard le 15 du mois suivant.

Le ministre avait décrit le problème en août 2026, dans un entretien aux Échos de l’Éco : « Certains rendaient leur permis de recherche en prétendant n’avoir rien trouvé, après avoir en réalité déjà exploité. » Il évoquait aussi des « complicités, y compris, parfois, au sein de l’administration minière elle-même ».

Ce que l’État reprend, et pour quoi faire

Le communiqué ne dit rien de la suite. Les textes, eux, tracent deux voies. La première est la réattribution : selon Les Échos de l’Éco, un gisement retiré ne peut être réattribué que plus de trois mois après la publication du retrait au Journal officiel, sous peine de nullité. Les installations des permis d’exploitation reviennent à l’État sans indemnité.

La seconde est l’exploitation par l’État. L’article 7 du décret de 2023 accorde à l’opérateur national, la Société équatoriale des mines (SEM), un droit de préemption sur les zones dont le titre est retiré. Selon le même média, la SEM est seule autorisée à relancer la petite mine d’or depuis le 7 septembre 2026. Le ministère n’a pas encore tranché publiquement entre ces deux options.

Récupérer des titres ne produit, à lui seul, ni or, ni emplois, ni recettes. Pour que l’opération soit crédible, il faudra publier la liste certifiée des titres retirés, puis rendre les nouvelles attributions aussi lisibles que les retraits : qui reçoit quel périmètre, avec quelles capacités et quels engagements. Il faudra aussi surveiller les sites libérés, exposés à l’orpaillage illégal tant que personne ne les occupe.

L’or, un enjeu secondaire face au manganèse

L’or reste marginal dans l’économie minière gabonaise, dominée par le manganèse de Moanda, où l’État a obtenu d’Eramet un calendrier de transformation locale. Mais la logique est la même : un titre minier doit correspondre à une activité réelle et déclarée. Dans un pays dont la Banque africaine de développement voit la dette publique à 78,9 % du produit intérieur brut, chaque franc de rente minière non capté pèse sur les finances publiques.

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