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Assurance en Afrique : l’Afrique du Sud à 11,5 % (OAA)

Siège historique de la South African Mutual Life Assurance Society au Cap, symbole de l'assurance en Afrique du Sud

Le classement 2026 de l’assurance en Afrique publié par l’Organisation des assurances africaines (OAA) ne place qu’un pays au-dessus de la moyenne mondiale : l’Afrique du Sud, où les primes pèsent 11,5 % du produit intérieur brut (PIB). La Namibie (7,4 %) atteint tout juste cette moyenne, et les onze autres marchés classés restent sous 4 %.

Le rapport annuel 2026 de l’OAA, publié le 13 octobre 2026 et préparé par le cabinet suisse Faber Consulting, mesure le taux de pénétration, c’est-à-dire les primes brutes rapportées au PIB. Son graphique ne compare que 13 marchés, avec des données de 2024 ou de 2023 selon les pays. Ce n’est donc pas un classement de tout le continent : Maurice, le Botswana ou le Nigeria n’y figurent pas.

Assurance en Afrique : le classement 2026 pays par pays

Voici les 13 marchés retenus par l’OAA, classés par poids des primes dans le PIB :

  • 1. Afrique du Sud : 11,5 %
  • 2. Namibie : 7,4 %
  • 3. Maroc : 3,9 %
  • 4. Kenya : 2,4 %
  • 5. Tunisie : 2,34 %
  • 6. Sénégal : 1,51 %
  • 7. Mozambique : 1,27 %
  • 8. Côte d’Ivoire : 1,17 %
  • 9. Burkina Faso : 1,16 %
  • 10. Cameroun : 0,88 %
  • 11. Algérie : 0,8 %
  • 12. Tanzanie : 0,73 %
  • 13. Égypte : 0,72 %

La référence mondiale de 7,4 % ne vient pas de l’OAA mais du Global Insurance Report 2025 d’Allianz Research, que le rapport cite. L’OAA souligne que ce ratio mondial a à peine bougé en dix ans. Les marchés africains ne courent donc pas après une cible qui s’éloigne : ils en restent simplement loin.

Huit des treize pays, du Sénégal à l’Égypte, se tassent entre 0,72 % et 1,51 % du PIB. L’Algérie et l’Égypte, deux des plus grandes économies du continent, ferment la marche : la taille d’une économie ne dit rien de la profondeur de son marché de l’assurance.

Pourquoi l’Afrique du Sud et la Namibie font exception

Pour l’OAA, l’écart tient à des décennies de construction d’une industrie de l’assurance vie et de l’épargne-retraite, adossée à des régimes obligatoires ou quasi obligatoires. Dans ces deux pays, la branche vie pèse plus que la branche dommages. Ailleurs, selon le rapport, l’assurance vie reste un produit de protection vendu à une petite minorité de salariés, et non un outil d’épargne pour la population.

Les montants le confirment. L’Afrique du Sud a encaissé 43,8 milliards de dollars de primes vie en 2025, environ 81 % du total des 23 marchés suivis dans cette partie du rapport, et près de quatorze fois plus que le Maroc, deuxième avec 3,15 milliards. Seul le Kenya (1,82 milliard) franchit aussi la barre du milliard de dollars.

En Algérie, les primes vie (172 millions de dollars) représentent moins d’un septième des primes dommages ; en Angola, moins d’un douzième. Or c’est l’assurance vie, avec ses contrats longs, qui constitue l’épargne mobilisable pour financer l’économie. En juillet 2026, NotreAfrik relevait déjà que cinq pays captaient 87 % des primes du continent.

Un ratio de primes, pas un nombre d’assurés

Le taux de pénétration compare deux montants, pas des personnes. Un pays peut afficher un ratio élevé parce qu’une minorité aisée cumule des contrats d’épargne coûteux, pendant que la majorité reste sans couverture. À l’inverse, une micro-assurance bon marché peut toucher beaucoup de ménages sans presque peser dans le ratio.

Le dénominateur compte aussi : le ratio bouge quand le PIB bouge. Une hausse ne prouve donc pas, à elle seule, que de nouveaux ménages ont souscrit. Le nombre de personnes couvertes, les exclusions et les délais d’indemnisation, qui disent si un contrat sert vraiment, ne figurent pas dans ce classement.

Dans les dommages, l’OAA rappelle que la demande est tirée par les biens assurables et par les garanties obligatoires, au premier rang desquelles la responsabilité civile automobile. Au Cameroun (0,88 %), cette dépendance est visible : NotreAfrik a détaillé les 62 milliards FCFA en jeu dans l’assurance automobile.

Les dommages, moins concentrés mais peu rentables

La branche dommages est plus équilibrée. L’Afrique du Sud y mène avec 13,28 milliards de dollars de primes, soit 47 % des 22 marchés suivis. Six pays dépassent le milliard : l’Afrique du Sud, le Maroc (3,61 milliards), le Kenya (1,76), l’Égypte (1,56), l’Algérie (1,27) et le Nigeria (1,04). L’Angola, 23e en vie avec 51 millions de dollars, remonte au 8e rang en dommages avec 593 millions, grâce aux risques pétroliers et industriels.

Le volume ne garantit pas la marge. Au Kenya, l’automobile représente 27,4 % des primes dommages, et le secteur a enregistré en 2024 un ratio combiné de 103,8 %, selon l’agence GCR Ratings citée par l’OAA : les assureurs ont payé plus en sinistres et en frais qu’ils n’ont encaissé. Sur une grande partie du continent, la rentabilité repose sur les placements financiers plutôt que sur l’assurance elle-même.

Où se trouve la croissance

Le potentiel se situe hors du marché dominant. GCR Ratings, cité dans le rapport, prévoit une croissance réelle de l’assurance vie d’un peu plus de 1 % en Afrique du Sud, de plus de 5 % au Kenya et de plus de 10 % en Tanzanie. En Ouganda, la pénétration vie a doublé entre 2020 et 2024, de 0,2 % à 0,4 % du PIB, portée par l’emploi formel.

D’autres instruments se développent en marge des primes privées, comme les couvertures climatiques souscrites par les États, à l’image de la prime de 4 millions de dollars payée par Madagascar. La prochaine édition du rapport de l’OAA, attendue en octobre 2027, dira si l’écart se resserre. Elle gagnerait à couvrir davantage que 13 marchés pour devenir un vrai classement continental.

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