Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Assurance automobile Cameroun : 62 milliards FCFA en jeu

Pompe d'une station-service à Douala, où l'assurance automobile au Cameroun doit être vendue sur tablette

L’assurance automobile au Cameroun représente environ 62 milliards de francs CFA de primes par an, près du tiers du marché non-vie. C’est ce gisement que vise Afri Insurance, qui a présenté le 28 septembre 2026 à Douala un dispositif de souscription numérique à déployer dans les stations-service, les laveries, les centres de visite technique, les garages et les concessions de Douala et de Yaoundé, selon Investir au Cameroun. Le secteur prépare en parallèle la fin de l’attestation d’assurance papier.

Pour l’automobiliste, la question n’est pas de savoir quel assureur gagnera des parts de marché. C’est de savoir si acheter une assurance devient plus simple, et s’il devient plus difficile de rouler avec un faux papier.

Un marché de 62 milliards, dont 39,7 pour l’obligatoire

Selon les données sectorielles disponibles pour 2025, les assureurs camerounais ont encaissé 296,88 milliards de francs CFA de primes, dont environ 194 milliards en non-vie. L’automobile en représente 32 %, soit environ 62 milliards : ce chiffre est un calcul d’Investir au Cameroun à partir de ces données, pas une statistique officielle publiée telle quelle. La seule responsabilité civile automobile, obligatoire, a rapporté 39,7 milliards en 2025.

Le poids de la branche est stable. Les statistiques définitives de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac) situaient les primes automobiles à 60,66 milliards de francs CFA en 2023, contre 57,76 milliards en 2022.

Obligatoire, mais pas toujours respectée

La responsabilité civile automobile est obligatoire, mais obligation ne veut pas dire couverture. Des véhicules circulent avec des polices expirées, des attestations falsifiées ou achetées hors des circuits officiels, ou sans aucune couverture. Aucun chiffre public récent ne mesure l’ampleur de la non-assurance au Cameroun.

Le coût est d’abord pour les victimes : un accident causé par un conducteur non assuré, ou muni d’un faux document, complique l’indemnisation. Une attestation papier se contrôle mal au bord de la route ; un contrat enregistré dans une base commune se vérifie en quelques secondes.

Assurance automobile au Cameroun : la fin de l’attestation papier

C’est là que se joue la réforme. L’Asac a déjà mis en place une plateforme, le HUB-ASAC-API, qui centralise les contrats automobiles avant leur transmission à la plateforme du ministère des Finances. L’association a fait de la dématérialisation de l’attestation automobile l’un des chantiers prioritaires du mandat ouvert fin 2025.

D’autres pays de la zone de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA) ont pris cette voie : la Côte d’Ivoire a mis en place dès janvier 2023 une plateforme d’attestations électroniques vérifiables en ligne. Au Sénégal, le courtier numérique Baloon s’est associé en mars 2026 à la fintech Wave pour vendre l’assurance automobile dans l’application de paiement.

Souscrire à la pompe : ce qui change

Le dispositif présenté à Douala repose sur des commerciaux et des courtiers équipés de tablettes connectées, capables d’établir un devis, de faire signer le contrat et d’encaisser le paiement sur place. L’automobiliste n’a plus à se rendre en agence : l’assurance vient à lui là où il fait le plein ou passe la visite technique. La compagnie dit aussi envisager des partenariats avec des courtiers numériques et des réseaux de paiement de proximité.

Afri Insurance, filiale non-vie de CCA Holding, a été créée en avril 2025 et agréée par le ministère des Finances en août de la même année, avec un capital social de 5 milliards de francs CFA. Elle vend déjà ses contrats dans ses bureaux de Douala et de Yaoundé et dans les agences de CCA Bank, par l’intermédiaire du courtier Afriassure. Selon Philippe Kanga, cité par Investir au Cameroun, la compagnie veut se positionner comme « assureur de tous les Camerounais, qu’ils soient clients de CCA Bank ou non ».

Le vrai test : la couverture et les sinistres

Le nouvel entrant arrive sur un marché tenu par des intermédiaires : en 2025, les courtiers apportaient près de 41 % des primes non-vie, et les bureaux directs des compagnies environ 37 %. Élargir les points de vente ne suffit pas ; il faut encore transformer ces contacts en primes encaissées et en clients fidèles.

Pour l’assuré, un assureur se juge le jour de l’accident : délai d’expertise, rapidité de l’indemnisation. Et pour le marché, la mesure utile ne sera pas le nombre de contrats vendus en station, mais le nombre de véhicules réellement assurés. Si le numérique ne fait que déplacer des clients déjà couverts d’une compagnie à l’autre, le marché aura changé de canal, pas de taille.

Sources

  • Investir au Cameroun, « Assurance automobile : Afri Insurance déploie la souscription digitale sur un marché d’environ 62 milliards de FCFA », 30 septembre 2026 : investiraucameroun.com.
  • Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac), statistiques définitives 2023.
  • Le360 Afrique, sur la plateforme ivoirienne d’attestations électroniques, 5 février 2023.
  • Financial Afrik, sur le partenariat Wave-Baloon au Sénégal, 4 mars 2026.

À lire aussi sur NotreAfrik : Assurance : cinq pays captent 87 % des primes du continent africain · Afrique : 96 compagnies d’assurance et de réassurance ont cessé leurs activités depuis l’an 2000

Articles similaires

Get the app