Niger : grève des magistrats après la dissolution de syndicats

Niger : grève des magistrats après la dissolution de syndicats

Les tensions ont franchi un nouveau cap lorsque le secrétaire général du Sanam, Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane, et son adjoint, Mahamadou Moussa, ont été évincés par décret.

Ce vendredi 15 août, les magistrats du Niger ont annoncé le déclenchement d’une grève illimitée en réaction à la dissolution de plusieurs syndicats de la justice et à l’exclusion de deux de leurs représentants. Au cours de la semaine précédente, le gouvernement militaire a pris la décision de dissoudre cinq syndicats du secteur judiciaire, justifiant cette mesure par leur prétendue inefficacité dans le fonctionnement du service public de la justice. Parmi eux figure le Saman (Syndicat autonome des magistrats du Niger), influente organisation professionnelle.

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Exclusions ciblées au sein du Saman

Les tensions ont franchi un nouveau cap lorsque deux dirigeants du SAMAN ont été radiés du corps judiciaire. Jeudi, le secrétaire général, Abdoul-Nasser Bagna Abdourahamane, a été évincé par décret. Le lendemain, son adjoint, Mahamadou Moussa, a subi le même sort. Aucune justification officielle n’a été rendue publique concernant ces décisions.

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Face à ces sanctions, le Saman a dénoncé une dérive autoritaire de la part des autorités militaires, qu’il juge sans précédent. En réaction, le syndicat a lancé une grève reconductible et annoncé avoir engagé des recours juridiques contre sa dissolution. Les mouvements de grève du SAMAN sont habituellement très suivis par les magistrats à travers le pays.

Soutien des avocats et d’autres syndicats

L’ordre national des avocats du Niger a également rejoint la mobilisation en appelant à une grève de deux jours, jeudi et vendredi. D’autres organisations syndicales ont également demandé la révision des décisions prises par le gouvernement. Ce n’est pas la première fois que le régime militaire prend de telles mesures. En avril dernier, trois syndicats représentant les Douanes et les Eaux et Forêts avaient déjà été dissous.

Lire : Niger : la nouvelle charte nationale autorise la dissolution des partis politiques

Toutes ces décisions s’appuient sur la “Charte de la refondation”, adoptée fin mars par le général Tiani. Ce texte, qui fait désormais office de Constitution, interdit aux forces de sécurité et de défense de s’organiser syndicalement. Il prévoit aussi une transition militaire d’au moins cinq ans. L’armée et les forces paramilitaires sont largement mobilisées dans la lutte contre les groupes jihadistes actifs dans plusieurs régions du pays depuis plus de dix ans.

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