Les incidents, qui ont duré plusieurs heures selon des témoins, font craindre une nouvelle attaque jihadiste contre un site stratégique de la capitale nigérienne. Cette nouvelle alerte intervient moins de six mois après l’assaut spectaculaire mené contre le même aéroport en janvier dernier.
Les premiers coups de feu ont été entendus aux alentours de 6 heures du matin près de l’entrée principale de l’aéroport, selon plusieurs habitants du secteur.
Des témoins rapportent que les tirs provenaient de la zone de contrôle située avant l’accès à l’aérogare, où les forces de sécurité procèdent habituellement aux fouilles des véhicules et aux vérifications d’identité.
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Pendant plusieurs heures, les détonations ont continué à résonner dans les quartiers voisins, alimentant la crainte d’une attaque coordonnée contre les installations aéroportuaires.
Les forces de sécurité déploient un vaste dispositif
Vers la fin de la matinée, le calme semblait progressivement revenir autour de l’aéroport. Selon des habitants, les militaires ont rapidement investi plusieurs quartiers proches afin de rechercher d’éventuels assaillants. Des opérations de ratissage auraient été menées dans différents secteurs situés autour de la Route Tchanga, une zone voisine de l’aéroport.
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Des témoins évoquent également une forte présence sécuritaire dans toute la zone, tandis que certains voyageurs ont été empêchés d’accéder à l’aéroport en raison des opérations en cours.
Aucune communication officielle n’avait été publiée par les autorités nigériennes dans les heures suivant les événements.
Un site déjà visé en janvier
L’incident rappelle l’attaque du 29 janvier 2026, lorsque l’aéroport de Niamey et la base militaire attenante avaient été pris pour cible lors d’un assaut de grande ampleur.
L’opération, revendiquée par l’État islamique au Sahel, avait provoqué plusieurs heures de combats avant d’être repoussée par les forces nigériennes appuyées par leurs partenaires russes.
Cette attaque avait fait plusieurs blessés et causé d’importants dégâts matériels, tout en révélant les vulnérabilités sécuritaires autour de l’un des sites les plus sensibles du pays.
Une menace persistante malgré les mesures de sécurité
À la suite de l’assaut de janvier, les autorités avaient renforcé la protection de l’aéroport. Plusieurs quartiers situés à proximité avaient fait l’objet d’opérations de démolition présentées comme nécessaires pour réduire les risques d’infiltration terroriste. Le mur d’enceinte du site avait également été prolongé et des centaines de caméras de surveillance installées.
Malgré ces investissements sécuritaires, l’incident de jeudi soulève de nouvelles interrogations sur l’efficacité du dispositif mis en place. Pour plusieurs spécialistes de la région, la durée des affrontements et la proximité des assaillants avec l’aéroport démontrent que les groupes armés conservent une capacité d’action significative.
L’État islamique au Sahel pointé du doigt
Même si aucune revendication n’a été publiée dans l’immédiat, plusieurs analystes estiment que l’État islamique au Sahel pourrait être à l’origine de cette nouvelle opération.
Le groupe multiplie les attaques au Niger depuis plusieurs mois et cherche à étendre son influence dans les zones frontalières du Sahel.
Des experts sécuritaires soulignent également que la préparation de telles opérations laisse supposer l’existence de réseaux de renseignement capables de recueillir des informations sur les dispositifs de sécurité en place.
Une junte confrontée à un défi sécuritaire majeur
Arrivé au pouvoir après le coup d’État de juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani avait fait de la lutte contre le terrorisme l’une de ses principales priorités.
Près de trois ans plus tard, le Niger demeure confronté à une insécurité persistante malgré le renforcement de ses partenariats militaires avec la Russie, la Turquie et d’autres pays jugés plus proches de ses intérêts stratégiques.
Comme le Mali et le Burkina Faso, également dirigés par des régimes militaires, le Niger continue de subir les attaques régulières des groupes jihadistes actifs dans la région.
Les événements survenus près de l’aéroport de Niamey illustrent une nouvelle fois les difficultés rencontrées par les autorités pour sécuriser durablement les infrastructures stratégiques du pays.
Notre Afrik avec AFP