Après la dissolution officielle des partis politiques dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, seize intellectuels ont signé une tribune pour dénoncer les violations régulières de l’État de droit sous le régime de transition militaire en place depuis 2021.
Seize intellectuels maliens, écrivains, juristes, économistes et sociologues, ont signé une tribune appelant à la sauvegarde de la République et des droits fondamentaux. Ce manifeste, rendu public hier mercredi 21 mai, survient après la dissolution des partis politiques le 10 mai et la répression d’un mouvement pro-démocratie débuté en mai.

Parmi les signataires figurent un ancien ministre et plusieurs membres de partis dissous, bien que ces affiliations n’aient pas été mentionnées pour éviter d’éventuelles représailles. La majorité n’a jamais exercé de fonction politique, mais tous partagent une inquiétude face à ce qu’ils perçoivent comme une dérive autoritaire du pouvoir de transition.

Dénonciation des violations de l’État de droit
Les auteurs dénoncent des violations régulières de l’État de droit sous le régime de transition militaire en place depuis 2021. Ils alertent sur l’arbitraire croissant, les arrestations ciblées, la censure des voix critiques et la disparition progressive des libertés fondamentales. Ils regrettent une absence manifeste de volonté des autorités de mettre fin au régime d’exception par des élections libres et crédibles.
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Face à cette situation, les signataires formulent plusieurs demandes claires. Ils demandent la libération de tous les prisonniers d’opinion, l’instauration d’un dialogue politique constructif, la définition d’un calendrier électoral pour une présidentielle et des législatives dans les plus brefs délais, le respect des engagements constitutionnels et des traités internationaux ratifiés par le Mali, la réhabilitation de la chaîne Joliba TV, suspendue dans un climat de restriction de la liberté de la presse, et l’instauration d’une justice indépendante, crédible et équitable.
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Un engagement citoyen
S’inscrivant dans la tradition des intellectuels engagés, les auteurs du texte affirment leur refus de rester indifférents, ce qu’ils considèrent comme une forme de complicité face aux dérives du pouvoir actuel. Ils concluent leur appel en évoquant leur devoir citoyen de participer à la défense des principes démocratiques, et de lutter contre la banalisation de la terreur et de la misère dans leur pays.








