À quelques semaines de l’élection présidentielle du 15 mars, le président congolais Denis Sassou Nguesso, 82 ans, a affirmé dans un entretien à l’AFP qu’il ne comptait pas s’éterniser à la tête de la République du Congo. Malgré cette déclaration, il refuse de se prononcer sur sa succession.
Pour le chef de l’État, la longévité d’un dirigeant peut être un facteur de stabilité. «Les pays africains qui ont
progressé sont ceux qui ont connu une stabilité durable», estime-t-il.
lancement de la campagne présidentielle 2026 à Pointe-Noire
Préparer l’avenir des jeunes
«Tout le travail que nous faisons, c’est pour préparer les conditions de l’arrivée des jeunes », assure le président. Toutefois, il ne souhaite pas préciser qui pourrait lui succéder. « Il ne s’agit pas d’un homme à préparer, mais d’un ensemble de mesures pour l’avenir du pays », précise-t-il.
Denis Sassou Nguesso met en garde contre toute volonté de puissance non préparée pour diriger le pays. Il rappelle les affaires judiciaires de l’opposition, comme celles du général Jean‑Marie Michel Mokoko et d’André Okombi Salissa, condamnés pour atteinte à la sécurité intérieure en 2018 et 2019. Il les qualifie de collaborateurs ayant tenté une aventure ratée et assure qu’ils seront libérés un jour.
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Un long règne dans un pays instable
Militaire de formation, Denis Sassou Nguesso dirige le Congo depuis plus de 40 ans, de manière non consécutive. Il a été au pouvoir sous le régime du parti unique de 1979 à 1992, avant de revenir après la guerre civile de 1997. Début février, il a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat de cinq ans, qui, selon la constitution, serait son dernier.
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Face au Parti congolais du travail (PCT) et à une opposition fragmentée, l’élection est déjà contestée, comme les scrutins précédents. « Contesté par qui ? Par les acteurs politiques ou par ceux qui sont à l’extérieur ? », rétorque le président depuis sa résidence à Dolisie, fief de son ancien rival Pascal Lissouba.
Mobilisation et popularité
Se félicitant d’un rassemblement récent à Pointe-Noire, la capitale économique, Denis Sassou Nguesso souligne que personne n’a été contraint de participer aux meetings. Vêtu de sa chemise blanche ornée d’un éléphant, symbole personnel, et de souliers gravés de ses initiales « DSN », il défend sa popularité et sa légitimité.
La République du Congo, ancienne colonie française, est riche en hydrocarbures, mais presque la moitié de ses six millions d’habitants vit sous le seuil de pauvreté. Denis Sassou Nguesso se défend des accusations de détournements de fonds, affirmant que les ressources ont servi à développer le pays depuis l’indépendance. Il met en avant la construction d’infrastructures scolaires et le lancement d’une campagne agricole pour atteindre l’autosuffisance.
Notre Afrik avec AFP