La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) fait face à une crise financière. Confrontée à une trésorerie asphyxiée, l’institution a décidé de mettre un coup d’arrêt à la majorité de ses activités et missions.
Dans une note circulaire adressée aux membres du gouvernement de la Commission, son président, Baltasar Engonga, annonce la suspension générale des actions de l’institution. Seules les missions jugées «hautement stratégiques» vont continuer d’être menées. Cette
décision vise à préserver le fonctionnement minimal de la Commission dans un contexte budgétaire devenu critique.
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Des signaux d’alerte ignorés
Selon le président de la Commission, les rapports successifs de l’agent comptable central et de l’agent comptable de la Commission font état d’une détérioration continue de la situation financière. Ces alertes, régulièrement évoquées lors des conseils des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) et des réunions du Collège des commissaires, n’ont pas permis d’enrayer la spirale.
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Face à l’urgence, la Commission avait sollicité l’ouverture d’un dialogue direct avec les États membres lors des deux dernières sessions du Conseil des ministres. Une mission de sensibilisation, conduite par le vice-président de la Commission, a été déployée dans les pays de la sous-région afin de tirer la sonnette d’alarme. Toutefois, après le passage de la délégation dans quatre des six États membres, les résultats attendus se font toujours attendre.
La situation est telle que le fonctionnement régulier des institutions communautaires est désormais menacé. La Commission reconnaît que la pénurie de ressources financières entrave non seulement ses propres activités, mais également celles des autres organes de la Communauté.
La responsabilité des États membres pointée du doigt
Dans sa communication, Baltasar Engonga met clairement en cause le faible niveau de la trésorerie disponible, lié notamment aux difficultés de recouvrement de la taxe communautaire d’intégration (TCI). Cette taxe, principale source de financement de la CEMAC, peine à être collectée, révélant une nouvelle fois les faiblesses structurelles du mécanisme de financement communautaire et le non-respect des engagements par certains États. Cette paralysie administrative survient au moment où l’Afrique centrale est confrontée à d’importants défis économiques et sécuritaires.